Nouvelle vie

Cette chronique a une saveur particulière pour moi. Elle est la première que j’écris depuis une absence de plusieurs années, deux peut-être trois ans… Je suis excitée et émue de retrouver mon blog et en même temps, j’éprouve un peu d’appréhension, comme la veille d’une grande fête quand tu espères que tout se passe bien.

Bref j’espère que tout se passera bien. Comme le titre l’indique, nous avons une nouvelle vie. Nous avons quitté la France il y a neuf mois vers une contrée ensoleillée et paisible. Après un début un peu chaotique, nous voilà bien installés dans une belle maison. Nous sommes toujours 5 et nous sommes ravis d’avoir tenté cette nouvelle aventure.

Les enfants ont bien grandi et pour ceux qui s’en souviennent, nous poursuivons l’instruction en famille, avec mention unschooling. C’est drôlement chouette de les voir grandir, apprendre et s’épanouir dans la liberté et le respect de leurs besoins qu’ils soient physiologiques, intellectuels ou personnels. 

J’ai eu très souvent envie de partager avec vous notre témoignage d’une vie sans école. Nous pratiquons ce qu’on appelle les apprentissages autonomes, c’est-à-dire qu’à la maison il n’y a qu’aucun enseignement formel. Nous n’avons pas de manuels scolaires, pas de programmes à suivre et encore moins d’exercices à faire. Cependant nous avons plein d’autres choses. Nous avons des livres, pas assez encore à mon goût car notre bibliothèque personnelle se reforme petit à petit, cela dit les bibliothèques municipales sont faites pour nous. Nous avons des tas de papiers, crayons, feutres, stylos. Nous avons des jeux de construction, éducatifs, de cartes, des domino. Et nous avons la vie… Et ça, c’est le seul outil dont nous avons vraiment besoin.

Un bébé quand il nait possède en lui toutes les capacités pour découvrir et apprendre tout ce dont il a besoin. On a même pu constater que dès la naissance, un nourrisson posé sur le ventre de sa mère se dirige instinctivement vers le sein de sa mère pour téter. Puis en grandissant il apprend à se servir des parties de son corps. Il apprend d’ailleurs à marcher, à parler sans aucune intervention humaine simplement en regardant et écoutant les personnes qui l’entourent. Pourquoi en serait-il autrement pour le reste de ses apprentissages ?

La clé des apprentissages autonomes est la confiance. J’ai compris cela en visionnant le fabuleux film de Clara Bellar Être et devenir, en lisant des auteurs comme John Holt et en observant mes propres enfants. Croire en la puissance infinie d’un enfant est libérateur. Cela permet de balayer les doutes, les peurs et l’échec. Chaque enfant est capable de réussir à apprendre les fondamentaux de la vie qui sont entre autres marcher, parler, lire, écrire et compter, et cela sans aucun exercice à faire simplement en le laissant vivre et découvrir l’environnement dans lequel il grandit.

Je ne cherche pas à convaincre, je partage juste ce que j’ai pu découvrir et constater ces dernières années. Je constate simplement que mes enfants apprennent ce que l’école exige des autres enfants, seulement ils l’apprennent différemment et à leur rythme, au moment même où ils le désirent. Et j’entends par le mot désir pas simplement un souhait mais une envie ardente dont savoir un peu plus. On constate souvent à l’âge adulte que de nombreuses personnes acquièrent de nouvelles facultés de manière autodidacte, pourquoi en serait-il autrement pour l’enfant ? L’enfant est tout aussi capable d’apprendre ce qui le passionne ou lui fait envie de manière autodidacte.
Voilà mes premières réflexions au sujet de l’instruction en famille et de l’unschooling. Et je réalise que ce n’est que le début de ce que j’ai à partager. Pour approfondir cet échange, je souhaite mettre en place une chronique régulière à ce sujet. Alors je vous dis à la prochaine et vous souhaite une merveilleuse journée. 

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