A l’honneur

Aujourd’hui, dans notre maisonnée, un petit garçon est à l’honneur. Il est le cadet de sa fratrie, il a de magnifiques cheveux longs, il a un regard profond et sensible, il est beau comme un Dieu grec et il est craquant de gentillesse et de générosité.

Aujourd’hui c’est sa journée car il fête son sixième anniversaire.

Comme pour beaucoup d’entre vous, les anniversaires ont un goût spécial à la maison. J’aime faire de ce jour un moment mémorable durant lequel les envies et les souhaits sont mis à l’honneur.

Il n’y a pas spécialement de cérémonial, juste de quoi faire plaisir pour souligner la naissance dans notre famille d’un membre qui compte énormément pour chacun.

Alors pour chaque anniversaire, celui qui est à l’honneur choisit son repas, son gâteau et je m’engage à honorer ses demandes. N’est-ce pas magnifique de sentir que ce jour de naissance a une aura particulière ?

Ainsi ce matin, le réveil fut plus que matinal. Bien avant que le coq n’ait eu le temps de chanter sa mélodie, j’ai vu apparaître devant notre lit, une petite bouille ravie qui se réjouissait d’ouvrir ses cadeaux. Ça faisait déjà bien longtemps qu’il avait commandé sa base arctique de chez Lego et il a été très, très patient, pourtant la patience n’est pas une de ses premières vertus. Alors, bien que j’aurais préféré dormir une ou deux heures de plus, il a grimpé dans notre lit et il a ouvert ses cadeaux le sourire aux lèvres. Puis il nous a remerciés, un merci comme j’en ai rarement entendu, avec tout le soulagement et la joie qu’il ressentait en cet instant. J’ai tellement de gratitude d’avoir vécu ce moment avec lui.

Aujourd’hui est aussi un jour spécial pour moi. Il y a six ans, alors que je venais de donner la vie à mon second fils, je prenais conscience que je donnais naissance également à une partie de moi qui m’apparaissait brusquement et très clairement. Après avoir subi les affres d’un accouchement déclenché, qui avait duré de longues heures et qui ne s’était pas du tout déroulé comme je le souhaitais, après avoir laissé une sage-femme éloigner de moi mon nourrisson pour une raison plus que stupide, je pris conscience que j’étais seule maître de ma vie et que plus jamais je ne laisserai un médecin ou tout autre personne décider du cours de mon existence. Ce jour-là, alors que je m’éveillais dans cette chambre d’hôpital, je découvrais une personne forte et déterminée à vivre une vie meilleure et merveilleuse.

Depuis six années ont passé et la Julie qui m’est apparue ce jour-là n’a cessé de gagner du terrain. Quand mon cadet a eu un an, j’étais une maman au foyer, épuisée par le rythme soutenu que m’imposait l’éducation de deux jeunes enfants d’âges rapprochés et j’ai alors créé la Chronique d’une mère au foyer qui m’a aidée à ne pas plonger dans la dépression. Puis quand mon cadet a eu deux ans, alors que je venais de le gifler parce qu’il ne s’habillait pas assez vite, les yeux plein de larmes et le cœur en berne, j’ai pris la décision de donner à mes enfants une éducation non violente. J’ai ensuite découvert toute une littérature qui m’a ouvert les portes de la bienveillance et du respect de l’enfant.

Grâce à la naissance de mon fils, je suis devenue celle que je suis à présent. Et comme il n’y a pas de hasard dans la vie, je vous précise que je suis moi-même la cadette de ma fratrie et que la naissance de mon fils cadet a été pour moi une deuxième naissance. Ce petit garçon, qui émotionnellement me ressemble tant, qui est du même signe astrologique que moi, qui a connu une naissance en deux temps, comme celle que j’ai connue au moment de ma propre naissance, qui exprime si bien la colère que l’on a fait taire en moi, ce petit garçon a mis au monde sa maman.

Ce fabuleux petit garçon est à l’honneur aujourd’hui dans notre famille et pour toutes ces raisons, son anniversaire restera pour moi une double naissance.

Joyeux anniversaire mon petit garçon, ne grandit pas trop vite, maman veut te garder encore pour elle quelques années avant que les filles ne te tournent autour 😉

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1 an, 12 mois, 365 jours

Il y a 365 jours, mon ventre était rond, ma charge était lourde et mon désir d’accoucher à domicile fut comblé.

Il y a 12 mois, tu es née au crépuscule et avec toi, je suis devenue plus forte.

Il y a 1 an, tu mesurais 50 centimètres, tu tétais une bonne dizaine de fois par jours et tu dormais contre mon cœur.

Ma fille, tu fêtes aujourd’hui ton premier anniversaire et je n’ai pas vu le temps passer.

Je garderai en mémoire tous ces petits trésors que tu nous offres chaque jour, tes sourires, tes regards amoureux, ton air timide, tes bras tendus vers moi, ton tout petit nez, tes coups de tête la nuit, tes bisous baveux, tes premiers pas et les cent suivants, tes « papa » et « mama », ton appétit féroce, ta joie de vivre.

Ma fille, tu es ma princesse, ma beauté, mon ange. J’aime notre complicité et je ne suis pas prête de m’en passer.

Tu grandis trop vite, et c’est ainsi la vie.

Durant cette année, j’ai moi aussi grandi auprès de toi et de tes frères. Petit à petit, notre chemin se dessine plus clairement et l’obscurité fait place à une douce luminosité. Même si le soleil ne brille pas tous les jours avec la même intensité, j’accepte ces moments un peu plus sombre car je sais que ton visage et celui de tes frères sont notre bonheur. Je ne regrette rien, ni mon accouchement à domicile qui m’a insufflé une énergie et un courage dont je ne me croyais pas capable, ni notre allaitement un peu moins dans la norme, ni mon désir d’une autre parentalité qui m’apprends chaque jour à tendre vers le meilleur de moi-même.

Je ne cesse de le dire, la vie n’est pas un long fleuve tranquille, néanmoins dans mon navire, mon capitaine garde le cap et nous emmène vers des contrées où il fait bon vivre.

Joyeux anniversaire ma jolie princesse, love you.

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La route est longue

Voilà quelques jours que je tente de ne pas sombrer dans le désespoir. Quelques jours que mes journées sont seulement rythmées par les trajets scolaires, la préparation des repas et l’entretien plutôt sommaire de la maison. Quelques jours que mes cigarettes contiennent un peu plus que du tabac. Quelques jours que l’appétit est parti, et lorsqu’il se fait sentir, mon estomac ne supporte pas grand chose. Quelques nuits que mes rêves sont cauchemars, que mes jambes me font terriblement souffrir.

Voilà, c’est une route que je n’avais pas prévu de prendre et pourtant c’est cette longue route que je dois parcourir à présent et je me dois d’avancer. Je ne peux ni reculer, ni stagner.

Je sais bien qu’il va me falloir beaucoup de temps pour me sentir mieux. De nature très impatiente, les journées me semblent si longues. Je n’arrive pas à penser à autre chose, je n’arrive pas à pardonner à mes parents et à mon frère de nous faire souffrir autant, je ne prends plus de plaisir à tenir ce blog, je me réfugie auprès de mes enfants et même leur énergie n’est pas suffisante pour me réveiller de ma torpeur.

Quand le malheur vient de ta propre famille, c’est contre-nature. C’est une épreuve que je n’imaginais pas traverser un jour.

Alors je fais comme je peux mais je ne m’aime pas comme ça. J’aimais tant ma vie d’avant, et j’aimerais la reprendre dès maintenant. Mais je vois bien que c’est impossible. Mes envies sont quasi nulles, ma peine est immense et ma déception est infinie.

Je suis pourtant si bien soutenue. Mon homme est très présent, je suis très proche de mes soeurs et ma meilleure amie a toujours la bonne parole pour remettre de l’ordre dans mes idées.

Mais c’est si dur.

Il y a tellement de choses qui s’entrechoquent dans cette situation, que c’est un perpétuel combat pour ne pas exploser.

Seul le temps pourra guérir mes blessures, mais en attendant comment faire ?

Je connais la réponse. Il faut… blablabla… Oui mais quand ce « il faut » ne va pas, et que rien ne te donne envie, tu as juste l’impression de perdre un temps précieux et c’est plus que rageant.

Chaque jour j’ai l’impression d’attendre qu’il passe et quand il est passé, je regrette qu’il n’ait été que tristesse.

Putain de merde !!! J’ai juste envie d’hurler « NE VOYEZ-VOUS PAS LE MAL QUE VOUS FAITES ? »

Je suis dégouttée d’être dans cet état.

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Un an de plus…

Aujourd’hui, c’est mon anniversaire.

J’ai deux enfants et deux cheveux blancs.

Il y a quelques jours, j’ai pris en flag des rides sur mon front.

Il y a bien longtemps que mes cellules ne se renouvellent plus.

Mon homme me vieillit sans cesse d’un an, sûrement un moyen pour lui de se rassurer sur son propre âge.

J’acquiers de la maturité, c’est le début de la vieillesse, pardon, de la sagesse !

J’ai passé une merveilleuse journée malgré le blizzard et le froid ambiant.

J’ai eu un super cadeau pour fêter mon retour dans la vie active.

J’ai été en retard toute la journée néanmoins le gâteau n’a pas brûlé et j’ai même eu le temps de ranger un peu.

J’ai beau prendre un an de plus, je reste dans mon coeur cette jeune fille de 25 ans qui croquait la vie et croyait en son destin.

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Aujourd’hui, j’ai eu 34 ans et je me demande où sont passées les dix dernières années… Il me semble que c’est hier que je mettais au monde mon fils ainé, et avant-hier que je tombais d’amour pour son père.

Dans une décennie, je serai pas loin d’avoir fait la moitié de ma vie.

Je vieillis et j’aime ça.

Ma vie n’est pas un long fleuve tranquille mais je navigue assez bien. Je n’ai ni le mal de mer, ni de fuite dans mon navire. Mon capitaine est à la barre et mes moussaillons courent sur le pont. Quant à moi, je profite du soleil quand il éblouit, de la pluie quand elle rafraichit et lorsque la nuit tombe, la lune brille pour moi.

Il y a trois ans déjà !

Il est à mes côtés dès son réveil.

Il ne se lasse jamais de converser avec moi.

Tout le jour, il me suit et me répète insatiablement « Maman, tu joues avec moi ? »

Il a le plus beau sourire que la terre ait porté.

Il affectionne la vanille, les îles flottantes et le lait.

Il est têtu et colérique.

Il fait de merveilleux câlins.

J’aime l’odeur de sa peau et le goût de ses baisers.

Il adore grimper, escalader et sauter.

Il connait ses livres préférés par cœur.

Il a une collection de doudous.

Il fait tout comme son grand frère.

Il ne marche pas, il court… et moi, je lui cours après !

Il déteste se laver mais adore se baigner.

Il est poisson, comme moi.

Il a fait ses premiers pas le jour de mon anniversaire 🙂

Pour son anniversaire, il veut DIX cadeaux et des ballons.

Aujourd’hui mon fils cadet a trois ans.

Il est si grand ! Et moi, j’aimerais remonter le temps pour bercer encore une fois le joli bébé qu’il était, il y a trois ans déjà !

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Happy anniversaire

Il y a cinq ans, je me couchais sans savoir que ma vie allait basculer.

Le 4 février 2008, je m’endors paisiblement, grosse et heureuse de porter la vie. A quatre du matin, je ressens une violente douleur puis plus rien. Je me rendors. Je dormais si bien pour une fois ! Une trentaine de minutes plus tard, je suis réveillée une deuxième fois par la même intense douleur. Je me lève et réveille mon homme dans la foulée… Je me souviens de l’empressement qu’il a mis à se lever ce jour-là, il ne me semble pas l’avoir vu une autre fois se lever aussi vite !

Nous partons tous les deux dans la pénombre de la nuit, vers l’inconnu, à la découverte de notre nourisson.

J’ai un souvenir magique, presque féérique de ce début d’accouchement. Je ressentais pour la première fois mon utérus se contracter. C’était à la fois une sensation de plénitude et un profond déchirement intérieur.

J’ai vécu la grossesse de mon fils ainé comme une bénédiction et sa naissance est le plus beau cadeau que la vie m’ait offert.

Il a fait de moi une maman. Je me suis révélée à moi-même dans les yeux de mes enfants. Et je n’y vois que leur bonheur… Il y a cinq ans, je signais un pacte d’amour pour la vie.

Cet après-midi, une discussion authentique et sincère avec ma meilleure amie a déclenché en moi une émotion profonde que seul mon coeur de maman pouvait percevoir. Justement la veille de l’anniversaire de mon fils !

Je me suis sentie si bouleversée par ce sentiment d’amour que j’éprouve pour mes fils que je ne suis pas prête de m’en remettre…

Demain, mon fils ainé a cinq ans ! Alors c’est cotillon, champomy et gâteau des îles !

La moitié d’une décennie, ça n’arrive qu’une seule fois !

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Et maintenant ?

Dans un mois, je ne serai plus une mère au foyer, je serai une mère au chômage. Merde, il va falloir que je change le nom de mon blog ! « Chronique d’une mère au chômage » ce n’est pas très accrocheur, non ? Toujours est-il que je dois me trouver un job !

Je suis un livre ouvert sur lequel j’écris ma vie, mon quotidien, mes réflexions. Mes plus belles émotions, c’est par écrit que je les transcris le mieux. Mes maux se guérissent sous ma plume.
Au fil du temps, j’ai grandi un stylo à la main. J’ai toujours noté sur des petits cahiers, mes sentiments, mes déceptions, mes envies. Écrire pour exister, écrire comme un besoin de me sentir libre.

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J’aime la littérature, les mots, leur définition. J’adore ouvrir un dictionnaire, chercher le mot convoité puis découvrir sa signification. Quelle sécurité de se rendre compte que le sens des mots est une chose immuable ! Tu peux avoir confiance en eux, ils ne te trahiront pas, ils ne te mentiront pas, ils t’emmèneront sur des chemins de traverse riches en surprise et en émotion.

J’ai toujours souhaité avoir une belle carrière. Après le bac, j’ai voulu être professeur de Lettres. J’ai eu les diplômes requis puis je me suis inscrite au concours de l’éducation nationale. Mais j’ai vite déchanté. Ce monde n’était pas celui que je cherchais. Il était bien en-deçà de mes espérances.

Puis j’ai rencontré mon amoureux. Nous avons pris le temps de nous aimer, de voyager, de nous découvrir. Finalement, nous avons fait deux enfants et nous avons décidé que je resterais au foyer pour m’occuper de notre progéniture. Voilà comment je suis devenue mère au foyer. Et maintenant ? Que vais-je advenir ?

Ma seule ambition professionnelle, c’est l’écriture. Je prends un tel plaisir à noircir des feuilles, à choisir les mots. Je gribouille, je recommence, j’écris ma vie de mère et vous la fait partager. C’est un grand bonheur de publier cette chronique, je me sens exister.

Écrivain, quel doux rêve ! Pas si facile de devenir quelqu’un dans ce milieu ! Alors je m’accroche à ma chronique. J’écris même lorsque l’inspiration est un peu en berne, lorsque la fatigue me submerge, et même si je ne suis pas très satisfaite de mon papier…

Dans un mois, mon congé parental prendra fin. Je serai au pied du mur. Il me faudra choisir…
En attendant, c’est l’écriture que j’ai choisi, c’est Chronique d’une mère au foyer, c’est vous et je ne vous lâche pas !!