Trente ans

Pour mes trente ans, il faisait beau. Le soleil brillait et annonçait la venue du printemps.
Je suis née sous le signe du poisson. « Petit poisson deviendra grand… »

Devenir grande, c’est une chose qui m’a toujours plu. A douze ans, je voulais en avoir seize et à seize ans, je rêvais d’être une femme. Je rêvais de rencontrer le grand amour, peu importe l’homme pourvu qu’il me sauve d’une vie déjà si complexe !

Devenir plus grande, vieillir, personne n’y échappe. Mais moi, ça ne m’effraie pas. J’ai toujours aimé avoir un an de plus. La majorité pour moi a été une délivrance, et les années suivantes une découverte : vingt ans, vingt-cinq ans… Quel bel âge ! Un quart de siècle et la vie devant soi….
Puis trente ! Avoir trente ans, c’est une fatalité qui m’est tombée dessus sans que je m’en rende vraiment compte. J’étais une femme amoureuse et une jeune maman comblée.

Avoir trente ans, c’était plaisant. Je tournais le dos à l’insouciance de la jeunesse et je devenais parent. La trentaine, c’est voir dans les yeux de mes enfants que le plus beau reste à venir. C’est avoir tout ce dont rêvait la jeune fille de quinze ans qui sommeille encore en moi : l’amour vrai et sincère de mon mari et le fruit de cet amour, deux petits princes.

Vieillir quand on est parent, c’est un peu comme laisser sa place, c’est offrir notre jeunesse à nos enfants. C’est un cadeau, un don qu’on leur fait… A nous les cheveux blancs, les rides, les traits tirés et le teint pâle ! A eux la perfection et la splendeur !

Je suis une maman de trente ans passé, avec ses deux/trois cheveux blancs, ses yeux cernés et sa mine fatiguée. Peu m’importe ! L’apparence, quelle chose futile ! Ma beauté réside dans les beaux yeux de mon fils aîné qui a déjà l’esprit si vif et dans le sourire éclatant, les merveilleuses fossettes et l’air malin de mon cadet. Ils sont ma joie, ma fierté, mon bonheur. Ils sont ma plus belle réussite! Que Dieu veille sur eux tout au long de leur vie !

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