Quand il n’est pas là

Quand il n’est pas là, je suis en manque

Il est mon soleil et ma pluie,

Il est mes envies, mes folies, mes larmes et mes sourires,

Malgré nos différences, nos âmes se sont trouvées et aimées dès notre rencontre.

Quand il n’est pas là, je suis inachevée

Il est mes angoisses et mon bonheur,

Il est la moitié de mes enfants et ils sont la prunelle de ses yeux,

Il m’aime sans me le dire et quand il le dit, je l’aime encore plus.

Quand il n’est pas là, je crie mon amour au vent

Pour que le murmure de ma voix le rejoigne.

Et quand il n’est pas là, son souvenir me possède

Je passe les heures et compte les minutes, en suspens.

Quand il n’est pas là, je me languis de lui

Jamais égalé, notre couple est à l’épreuve du feu

Mon corps brûle d’amour pour lui,

Du soir au matin, j’attise notre désir.

Quand il n’est pas là, je suis perdue

Je ne sais où diriger mes pas

J’erre, à sa recherche

Guettant l’instant où mes bras s’ouvriront pour lui.

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Des larmes et des mots

Il existe des larmes qui jaillissent un beau matin et qui sont sans fin.

Hier, je n’ai pas réussi à tenir mon défi de ne pas crier. Mes émotions étaient bien trop fortes pour les contenir. Elles ont éclaté, se répandant sur mes joues et dans ma voix.

Le commencement de ce déferlement émotionnel se situe dans une remarque tellement inappropriée et blessante de surcroit. Par un beau dimanche après-midi, mon mari, mes fils et moi nous rendons à un anniversaire dans ma belle-famille. L’accueil fut plus que décevant et la nature humaine plus que méchante.

Ma vie n’est pas un long fleuve tranquille et dans ma frèle embarcation, une vague inattendue et trop forte fait facilement chavirer mon bateau.

Depuis je pleure. Ce ne sont pas des larmes de tristesse mais bien des larmes de dégoût, de déception, d’énervement.

Mon Dieu qu’il est difficile de grandir dans ce monde de brutes !

Je suis d’une nature tendre, aimante et compréhensive et les personnes toxiques que j’ai pu cotoyer ainsi que celles que je cotoie bien malgré moi, me rendent aggressive et dépressive. Combien j’en ai marre de subir !

S’il ne tenait qu’à nous, mon mari et moi aurions déjà emmené notre famille vivre loin de cette misère.

Il ne s’agit pas d’une fuite mais d’une survie.

Régulièrement, mon esprit vogue vers ces pensées qui dépassent mon entendement et je ne parviens toujours pas à accepter ces idées saugrenues et ces attitudes malveillantes. Je peste contre ces personnes qui blessent en toute impunité. Je peste contre la méchanceté des mots qui blesse gratuitement. Je peste contre ce monde qui abrutit et qui pervertit la beauté de l’amour.

Qu’il m’est difficile de vivre ainsi ! Mon esprit est bien trop alerte pour se contenter d’attendre que ça passe. Il chauffe et surchauffe devant tant d’indifférences et d’incompréhension. Mon esprit verse des larmes, pousse des cris et s’énerve. Il refuse d’admettre l’inacceptable.

Je tente le lâcher prise, non sans mal.

Je tente l’isolement, un moindre mal.

Je tente l’oubli, avec beaucoup de mal.

Combien de temps encore ?

Je me croyais en meilleure forme, je me rends compte que toute ma vie, je trainerai des casseroles dont je ne peux me défaire. Je maudis toutes ces personnes qui vivent en blessant leur prochain avec leurs mots, leurs attitudes et leurs idées qu’ils souhaitent imposer envers et contre toute bonté. Que la vie se charge de leur rappeler que la roue tourne très vite !

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21 jours pour arrêter de crier… Mon journal de bord

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Jour 1 : Mardi 13 août 2013

Il est 12h35.

La matinée s’est déroulée sans encombre. J’ai géré les crises des garçons sans me mettre à crier.

L’heure des repas est toujours pour moi une épreuve. Les garçons ne veulent pas manger et le petit cadet est toujours très difficile à mettre à table. Il peut se mettre à crier, refuser et pleurer. Bien souvent, on le laisse se calmer et venir se mettre à table tout seul quand la colère est redescendue. Ce midi, il n’a pas été trop pénible et il est venu s’assoir très rapidement. Une fois assis, il a régulièrement envie de se lever. Cette fois-ci, c’était pour aller faire pipi. Tout allait très bien, jusqu’au moment où pour fermer la porte il a voulu calquer la porte, ses doigts étaient dans l’entrebâillement, j’ai crié parce que j’ai eu peur qu’il n’enlève pas ses doigts à temps…

Le défi est déjà perdu pour le premier jour. N’empêche que je vais quand même tenter de tenir bon jusqu’au coucher du soleil !

Il est 21h10.

Je viens de coucher les enfants. Pour le moment, pas un bruit n’émane de la chambre… Le calme avant la tempête ou auraient-ils enfin compris le sens du verbe chuchoter ? Suspens…

L’après-midi a été bonne. Nous avions rendez-vous au parc, pour un goûter. Les garçons ont joué avec leurs copains et j’ai papoté avec ma copine. Trois heures de pure détente…

Puis le retour à la maison fut un peu laborieux. Mon cadet a fait plusieurs caprices et j’ai finalement craqué une fois, j’ai élevé la voix. Je n’ai effectivement pas crié comme je le fais habituellement car je me suis bien rendue compte de mon erreur mais j’ai tout de même raté mon défi…

Demain sera le jour 1 Bis et j’ai bon espoir que ce soit véritablement le premier jour de mon défi.

Je réalise à la fin de cette journée d’essai qu’en prenant cette décision et en fixant cette date, je maitrise beaucoup mieux mes ardeurs et ma voix car j’ai un objectif et je souhaite l’atteindre.

Bref, la journée n’est pas totalement terminée car j’entends la voix de mes chérubins dans leur chambre mais ce soir je ne crierai point ! Débriefing demain matin…

Jour 1 Bis : Mercredi 14 août 2013

Il est 13h22.

Ce matin, j’avais prévu de faire les courses. Après un réveil câlin et un petit déjeuner, je me suis préparée tandis que les enfants jouaient dehors. Je me suis habillée et j’ai pris leurs affaires pour les préparer. C’est à ce moment-là que mon cadet, qui a quelques soucis pour aller à la selle, est venu me voir en me disant « C’est bon maman, le caca est parti. » Je sais que cela signifie qu’il a eu envie mais qu’il s’est retenu. Cela m’a contrarié. Habituellement, quand on est à la maison, je laisse le temps que l’envie revienne, et je l’encourage à aller aux toilettes dès que je vois les signes annonciateurs et tout se passe bien. Mais, ce matin, on était pressé, on devait partir et intérieurement j’ai paniqué. Je me suis imaginée avec mon fils et son envie de faire caca en plein supermarché. Je l’ai alors un peu bousculé, je l’ai mis sur les toilettes énervée, en lui imposant de faire ses besoins car on devait partir… Bien sûr cela n’a servi à rien, seulement à le faire pleurer et à me mettre dans un état de nerfs qui m’a fait perdre mon défi pour la deuxième journée consécutive.

Mais il y a eu du positif et cela n’a finalement pas servi à rien. J’ai appris un peu plus sur moi. Je me suis rendue compte qu’en ayant à l’esprit ce défi, je retiens ma voix. Je crie mais avec une intensité beaucoup moins forte qu’avant et je m’arrête très rapidement, même facilement. Et puis cela me permet aussi d’analyser très clairement mon comportement, ainsi que celui de mes enfants et d’apprendre à y répondre autrement.

Ce défi m’aide aussi à me rendre compte comment je fonctionnais jusqu’à maintenant, à prendre du recul sur mes actes et sur le pourquoi de mes actes et de mes mots. Alors même si ce défi met quelques jours à se mettre en place, je ne suis ni déçue, ni découragée car il est d’une aide précieuse pour moi.

Jour 1 Ter : Jeudi 15 août 2013

Il est 20h03.

La journée est presque finie et je peux annoncer fièrement que ce jour n’a pas été marqué par mes cris !

Nous sommes allés nous baigner dans un lac. Malgré une nuit épuisante, du fait d’une insomnie d’environ deux heures, j’ai eu une journée merveilleuse. En partant ce matin, mon homme et moi avons synchronisé nos montres. Je lui ai dit qu’aujoud’hui, je lâchais prise car j’avais mon défi a relevé et je ne voulais pas le rater une nouvelle fois. Alors j’ai relaché la pression et tout le monde en a bénéficié. Les enfants ont dû ressentir mon bien-être car ils ont été très agréables, ils ont très bien pique-niqué, et ils ont profité de la baignade d’une manière exemplaire.

Il reste le coucher à faire… Ce n’est pas une mince affaire mais ce soir, je ne crierai pas. De toute façon, je suis bien trop fatiguée pour élever la voix.

Je reviens quand ils dorment.

Edit du lendemain matin 9h41 : Tout le monde s’est endormi paisiblement, même moi. Début du deuxième jour !

Jour 2 : Vendredi 16 août 2013

Il est 21h34.

L’endormissement de mes petits princes est en cours. Malgré leurs réticences, je garde mon calme et je tente de ne pas crier. Il serait regrettable que je ne parvienne pas à finir cette deuxième journée sans crier.

J’ai eu une journée un peu tendue. Sans doute le contre-coup de notre belle journée d’hier, aujourd’hui j’étais bien fatiguée. Je n’ai pas crié mais j’ai failli deux ou trois fois. J’ai pris sur moi. A chaque fois, je sentais ma voix se durcir et ma tonalité s’assombrir. C’était flagrant.

J’ai haussé la voix lorsque j’ai couché mon cadet pour la sieste. Il était à l’étage, dans sa chambre, la porte fermée et je lui ai demandé de se taire en criant légèrement pour qu’il m’entende car j’étais occupée en bas.

Bref, cette journée sera la deuxième sans crier, si je tiens jusqu’au dodo… Il ne reste pas grand chose et au pire, si je flenche j’ai mon homme qui viendra me soutenir.

Jour 3 : Samedi 17 août 2013

Il est 21h20.

Le troisième jour est validé !

Aujourd’hui j’ai eu des moments d’énervements avec les enfants mais j’ai réussi à ne pas crier et à retrouver mon calme assez rapidement.

C’est un bon début et je suis fière de moi !

Je n’aspire pas à me maîtriser totalement. Je sais bien qu’au cours de ma vie, il y aura forcément des moments où je ne pourrai pas me contrôler et où mes émotions auront sans doute besoin d’éclater.

Le but de ce défi n’est pas d’éradiquer complètement les cris de mon comportements mais simplement d’apprendre à crier à bon escient et pas sur mes enfants ! Même s’ils me poussent dans mes retranchements, je voudrais parvenir à sortir crier mon énervement ou mon désespoir aux chèvres voisines plutôt que dans leurs pauvres petites oreilles !

Toujours est-il que ce troisième jour est ok pour ce défi !

A demain.

 

Jour 4 : Dimanche 18 août 2013

Il est 21h45.

J’ai passé ce quatrième jour sans encombre. Je me surprends moi-même par cette apparente facilité. Je ne dis pas que c’est gagné, je ne voudrais pas me porter la poisse et j’imagine bien que quelques épreuves m’attendent. Néanmoins, je suis soulagée car j’avais peur d’être hyper tendue et finalement, ce défi me détend plus qu’il ne me tend ! Quel miracle !

Bref, le plus dur est peut-être à venir. Alors je souffle un bon coup et je continue sur ma lancée en espérant que je ne craque pas !

Bienveillante

Lorsque j’ai été enceinte pour la première fois, j’ai cru du plus profond de mon âme que je serai avec mon enfant une maman bienveillante. J’ai cru que c’était instinctif, que mes bras étaient destinés à l’accueillir avec douceur. J’ai cru que mon coeur saurait naturellement comprendre le sien et apaiser ses pleurs. J’ai cru que je savais faire.

J’y ai tellement cru que je n’ai pas réalisé tout de suite que mes gestes étaient loin d’être bienveillants. Dans l’urgence, dans la panique des appels répétitifs et incompréhensibles de mon nourrisson, je n’ai pas compris que je m’y prenais mal.

Quand mon coeur revit ces moments, je souffre pour mon fils. J’aimerais avoir le pouvoir de me transporter dans le passé et de me murmurer à l’oreille tout ce que j’ai appris et compris cette dernière année. Mais la vie est ainsi faite et ce qui est fait ne peut être défait. Je porterai sans doute encore de nombreuses années le poids de la culpabilité de n’avoir pas compris plus vite…

Du plus loin que je me rappelle, je n’ai pas le souvenir d’avoir été câlinée par ma mère. Je ne me souviens pas de ses bras bienveillants m’enveloppant d’amour. Je n’ai pas appris au contact de sa peau à recevoir et à donner de l’amour.

Lorsque mon deuxième fils est né, c’est dans les bras de mon médecin homéopathe, une femme formidable, que j’ai eu le déclic de ce à quoi servait les bras d’une maman bienveillante. Ils ne se contentent pas d’endormir. Ils protègent et réconfortent. Ils installent un halo d’amour autour de cet enfant. Ils accueillent ses émotions et l’en déchargent.

Bien souvent, on berce un nourrisson au creux de ses bras.  Ce bercement apaise les pleurs et transmet un sentiment de sécurité dont a besoin ce bébé pour grandir. Puis quand il a grandi, qu’il marche, qu’il est plus indépendant, on oublie que ce bercement reste esssentiel pour continuer sa croissance en toute sécurité affective.

Ma mère m’a bercée étant bébé puis m’a laissé seule avec mes angoisses et mes pleurs. Une fois devenue petit enfant, ses bras se sont fermés et ne sont plus jamais réouverts. Alors je n’ai pas appris à son contact à ouvrir mes propres bras pour accueillir de manière bienveillante mon enfant.

Bien sûr que j’ai su le bercer quand il pleurait, mais avec le recul, je réalise que ce bercement n’était qu’un automatisme, il n’était qu’une copie de ce que j’avais vu faire. Ce bercement ne savait pas accueillir les émotions. Puis mon bébé a grandi et heureusement pour lui,  j’ai ouvert mon coeur, mon esprit et mes bras à l’amour que j’avais pour lui. Je n’ai pas eu peur de mes sentiments, je n’ai pas eu peur de lui dire que je l’aimais et de lui montrer. Finalement, ce que je n’ai pas su lui donner instinctivement dès sa naissance, je lui donne maintenant et chaque jour qui passe.

Le chemin parcouru depuis est loin d’être terminé. Etre une maman bienveillante est pour moi un travail de longue haleine. Pourquoi est-ce que je défends avec autant d’ardeur l’éducation non violente ? Parce que, quotidiennement, je vois le massacre qu’a fait la violence éducative ordinaire sur ma propre personnalité. Je vois chaque jour les séquelles qu’ont laissé sur mon âme les châtiments corporels que j’ai reçu.

Quelle tristesse de réaliser que pour être bienveillante, je doive faire un travail sur moi-même ! Quelle tristesse de se rendre compte que l’automatisme qui perdure c’est la main qui démange de fesser plutôt que les bras qui s’ouvrent pour câliner son enfant ! Quelle tristesse d’entendre sa voix crier, hurler, pour ordonner et imposer !

Chaque jour qui passe, j’ai peur de retomber dans mes mauvais travers, ceux qui sont soit-disant acceptables et qui pourtant m’ont fait et me font encore tant souffrir.

Je suis enceinte de mon troisième enfant et je sais que de nouvelles épreuves vont venir perturber mon équilibre intérieur. J’espère être à la hauteur et parvenir à ouvrir mes bras et mon esprit aussi grand que l’amour que j’éprouve pour mes enfants. J’espère que la fatigue et les difficultés du quotidien n’envahiront pas mon coeur au point de ne plus entendre ma petite voix bienveillante qui me guide vers le bonheur et l’épanouissement de ma famille.

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