Celle que je suis

La plus grosse difficulté de ma vie a toujours été de me faire accepter pour celle que je suis.

J’ai souvent eu l’impression que je devais m’adapter aux humeurs des personnes que je fréquentais et que je ne pouvais pas être celle que je suis profondément. Le plus dur ce n’est pas d’être celle que je suis, c’est bien plutôt que les autres m’accepte telle que je suis. Car autrui projette toujours sur nous-même sa propre envie ou ses propres angoisses.

Il m’aura fallu une bonne trentaine d’années, un mari, deux enfants et trois grossesses pour parvenir à me définir, à approfondir mes valeurs, mes ambitions, mes souhaits et tout ce qui fait de moi celle que je suis. A présent, je sais ce qui compte vraiment pour moi et ce qui peut me chagriner.

Maintenant le plus dur est de le faire entendre à chaque personne qui partage ma vie.

J’ai réalisé que je suis différente de la norme et celle que je suis est souvent incomprise.

Ma première constation est mon statut de mère au foyer. J’ai un Bac+3, je me destinais à une carrière professionnelle et je me « contente » d’être mère au foyer. J’ai remarqué à plusieurs reprises que les personnes qui me côtoient ne comprennent pas que je puisse m’épanouir ainsi. Pire encore, elles me disent que cela n’est pas fait pour moi et que je me laisse enfermer chez moi.

Être mère au foyer est dévalorisé par la plupart des gens. Tu n’as pas de vie sociale, tu n’as pas de boulot, tu es dépendante financièrement, tu profites des allocs, tu fais des tâches ménagères à longueur de temps, tu n’as comme compagnon de parole que tes gosses, et surtout tu es déconnectée de la réalité. Forcément, comme tu n’as pas de vie active, tu vis donc dans un monde parallèle dans lequel tu n’as aucune conscience de ce qu’est la vraie vie et ta vison de la vie est donc déformée… voilà comment te perçoivent la plupart des gens.

Même dans la blogosphère le statut de mère au foyer n’est pas très à la mode. En effet, cela fait presque trois ans que je blogue et je n’ai pour ainsi dire jamais été conviée dans aucun cercle de blogueuse. Non pas que je sois à la recherche d’amies blogueuses, mais j’ai pu constater à de nombreuses reprises qu’il existe plusieurs réseaux de blogueuses que je suis et avec lesquelles j’ai tenté de nouer le contact, eh bien je n’ai eu aucun retour…. A croire que ce n’est pas assez chic un blog de mère au foyer, il est plus classe d’être maman blogueuse qui bosse en parallèle, ou maman qui surfe sur la vague des mères indignes, ou encore maman free lance mais maman au foyer, non merci ! Qu’à cela ne tienne, je n’ai eu besoin de personne pour arriver jusqu’ici et je trouve que je m’en sors très bien ainsi.

Ma deuxième constation est que je dérange car je suis différente dans le rapport que j’ai avec mes enfants. J’ai un passif déplaisant étant gamine et forcément cela a modelé la perception que j’ai en tant que maman. Je suis incapable de confier mes enfants à qui que ce soit. Chaque jour que Dieu fait, je les garde précieusement et je ne veux pas m’éloigner d’eux. Pour le moment, ils ne sont encore jamais allés dormir chez un copain, un cousin ou une tata. Je suis incapable de partir en week end ou en vacances seule avec mon homme et de me séparer de mes fils pendant plusieurs jours. Mon mari partage entièrement mon ressenti et nous sommes donc deux à ne pas envisager ce genre de choses. Eh bien, notre attitude est très critiquée. Ce n’est pas la norme, vous comprenez, lorsque l’on fait des enfants, dans notre société, il faut se séparer d’eux et la famille bien souvent n’aime pas lorsque l’on fait exception. Dans mon entourage, nous sommes les seuls à agir de la sorte et je sais que nous sommes régulièrement montrés du doigt.

Troisièmement, choisir une voie différente de celle habituellement empruntée par la plupart des gens, m’investir émotionnellement et personnellement dans ce nouveau chemin, vouloir embarquer avec moi une personne que l’on croit être prête à vivre cela avec soi et finalement prendre en pleine figure une comparaison malsaine, et surtout s’entendre dire que l’on fait des histoires pour rien. Quelle tristesse ! Quelle déception !

Je suis différente et j’aime ma différence. J’aime avoir le nez dans des bouquins et ensuite relever la tête et voir ce que je peux faire de tout ça dans la vie. J’aime l’éducation que je donne à mes enfants car même si elle n’est pas parfaite et même si je continue de me tromper souvent, je n’arrête jamais de penser au meilleur pour eux et je n’arrête jamais de vouloir changer en mieux pour eux. J’aime ma vie de famille et je kiffe rester chez moi, en pyjama, à ne rien faire d’autre que de prendre soin de nous. J’aime la femme que je suis, je ne porte pas d’artifice, je ne me cache pas derrière une langue de bois ou des sourires complaisants, je suis honnête et je m’autorise enfin à exprimer mes émotions. J’aime ma vie de blogueuse, je suis fière de la réussite de mon blog et je recharge régulièrement mes batteries auprès de mes lectrices, régulières ou occasionnelles, qui ont souvent les mots justes pour panser le cœur d’une maman meurtrie.

Je suis différente, je le sais depuis toujours et cela ne m’a pas toujours été favorable et cela continue à ne pas être en ma faveur…

Que dois-je faire alors ? Oublier celle que je suis pour plaire à l’ensemble ? Écouter les émotions des autres, oublier les miennes et réaliser que même lorsque je me mets à la disposition de l’autre, il prendra tout ce dont il a besoin et oubliera bien vite ce que tu as fait pour lui et ensuite se permettra même de te rouler dans la boue, de te rabaisser et de t’humilier publiquement…

De toute manière, quoi que je dise, j’en prendrai plein la tête parce que je reste incomprise. J’ai eu le loisir de constater depuis des années et avec la plupart des personnes que j’ai rencontrées et avec lesquelles j’ai eu des différends, que ma parole est toujours contestée. Mes remarques sont toujours mal interprétées.

Sans doute suis-je dans l’erreur depuis toujours…

Ou alors sans doute ma parole dérange car elle est vraie, émotive et sincère…

Sans doute je n’arriverais jamais à avoir une conversation normale lors d’un conflit car je dis des choses qui renvoient à soi-même et qui font mal car elles révèlent des tabous, des secrets, des non-dits….

Sans doute suis-je critiquée car j’ai une très grande assurance dans mes propos et que cela est très souvent perçu comme de l’arrogance…

Au terme de cet article, ma fille bouge et remue au creux de mon utérus. La vraie valeur de ma vie réside ici, dans cette vie à naitre que j’ai tenté de protéger tout au long de ces mois tumultueux, des méfaits des adultes. Je me rends bien compte que je ne l’ai pas suffisamment préservée de tout ce stress et qu’elle aura forcément des restes de tous ces conflits.

Je suis lasse des conflits. J’ai la sensation de m’être battue toute ma vie et le pire, c’est que mon ressenti est d’avoir combattu des moulins à vent, car à présent, je réalise que on ne m’a jamais autorisé à m’affirmer telle que je suis vraiment, je me rends bien compte que mes mots ont toujours été bafoués.

Je suis lasse de tout ça. J’ai à présent une vraie priorité dans ma vie, ce sont mes enfants et malheureusement à cause de problèmes d’adultes, ce sont eux qui pâtissent de ces conflits. Lorsque je suis contrariée, je suis en proie à de nombreuses insomnies. Je ne dors plus la nuit, je suis donc bien trop fatiguée et beaucoup moins patiente avec eux. Et que dire de ce bébé qui depuis sa conception a ressenti tellement de colère, de frustration, de tristesse et d’incompréhension ? Comment va-t-il vivre dans ce monde de brutes ?

Il me reste un petit mois avant d’accoucher. Je ne me laisserai plus polluer.

Qui m’aime me suive et pour le reste advienne que pourra !

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Pourquoi est-ce si dur ?

Voilà une question que je ne cesse de me poser, depuis plusieurs mois et parfois plusieurs fois par jour : pourquoi est-ce si dur d’élever mes enfants dans le chemin de la bienveillance ?

Pourquoi suis-je régulièrement en proie à des réactions que je sais être négatives voire néfastes ?

Pourquoi ne suis-je toujours pas capable de contrôler mes excès de voix ou mes remarques dénuées de compassion ?

Pourquoi suis-je toujours agressive verbalement ?

Je suis souvent tendue, stressée, énervée, excédée.

J’ai beaucoup lu, j’ai arrêté de lire, puis j’ai repris quelques lignes, quelques chapitres… Toujours à la recherche de la recette qui ferait de moi celle que je souhaite être. Et pourtant, rien n’y fait.

Ma plus belle victoire reste à ce jour d’avoir cesser de lever la main sur mes enfants. Je ne mets plus de fesser, je ne gifle plus, je n’ai plus aucun geste violent envers mes fils.

En revanche, ma plus grande bataille reste de m’apaiser intérieurement. Cette bataille est constante et presque systématique. Et je suis fatiguée de livrer bataille.

Je ne sais plus quelle arme doit être la mienne. J’ai consulté médecins et autres thérapeutes. J’ai réfléchi à l’éducation que j’avais reçue, j’ai fait le procès de mes parents. J’ai réfléchi à l’éducation que je donnais, à l’exemple que je souhaitais transmettre, j’ai appris à me connaitre, j’ai perçu mes défauts, mes qualités.

Et malgré tout ça, je reste dans l’expectative… Quelle route empruntée et de quelle manière cheminer ?

Suis-je trop exigeante envers mes enfants ? Comment parvenir à contrôler cette exigence ?

Comment faire cesser mes cris ? Comment réussir à me calmer ?

Comment lâcher prise ?

Le lâcher prise implique de parvenir à prendre du recul sur telle ou telle action de l’enfant et d’accepter que celle-ci peut être perçue différemment.

Vous voyez que j’ai compris la théorie…

Mais en pratique, ma vision n’oscille pas d’un centimètre. Je continue à me sentir agresser par les refus de mes fils, je continue de leur imposer d’agir conformément à mes exigences, je continue à me battre contre eux. Je ne veux plus de ce combat et je souhaiterais que ce soient eux qui arrêtent la guerre, alors que j’ai bien conscience que tant que je saurai dans l’affrontement avec eux, ils le seront avec moi…

Mais alors comment rendre les armes et réussir à vivre en harmonie avec mes enfants ?

Comment est-il possible d’exercer une autorité sur ses enfants sans être autoritaire ?

Comment être douce tout en maintenant les règles du foyer ?

Depuis que nous avons décidé avec mon conjoint de ne plus pratiquer une éducation violente, nous sommes en proie à des instants de questionnements extrêmes… et nous n’avons plus aucune réponse.

Qui pourra nous aider ?

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On ne choisit pas sa famille

Pour ceux qui ont la chance d’avoir une famille harmonieuse, aimante et sincère, remerciez Dieu et profitez-en.

Pour tous les autres, combien ont réussi à se défaire d’une famille toxique ?

Toute ma vie, j’ai cru que la famille était un bel arbre sous lequel s’abriter quand la pluie est trop forte.

Aujourd’hui, j’écris cet article pour me libérer de mes liens du sang et je sais bien que tous les hypocrites de ma famille, ceux qui ne sont pas les bienvenus sur ce blog, ceux qui font les commères et lisent sans vergogne mes articles et se permettent ensuite de colporter mes propos, de les commenter, de les déformer liront ces lignes.

Avant de rendre mes propos publiques, j’ai pris le remps, le soin d’écrire à chaque membre de ma famille paternel, celle qui m’a vu grandir et devenir adulte puis maman pour leur raconter mon histoire, ma souffrance et j’espèrais recevoir une certaine compassion de leur part. J’ai envoyé huit courriers, J’ai reçu un texto et un coup de téléphone…

Aujourd’hui j’écris ici car je sais bien que ce lieu n’est pas respecté. Lorsque j’ai ouvert ce blog, il y a deux ans et demi, je ne m’attendais pas à vivre une telle épreuve. J’avais donc invité tous mes proches, ami(e)s, famille à me rejoindre sur mon blog. Quelle ne fut pas mon erreur !

Nota bene pour tous ceux qui souhaitent ouvrir un blog, gardez-le secret. Protégez cet espace comme s’il en dépendait de votre vie. « Pour vivre heureux, vivons caché. »

Je regrette à présent d’avoir donné mon adresse à autant de personnes qui aujourd’hui ne feront plus jamais parti de ma vie.

Qu’il est difficile de vous expliquer ce que je ressens ! Les histoires de famille sont souvent grotesques, pénibles et douloureuses… Je relate un fait divers familial, comme vous en connaissez tant, comme vous avez  dû tant en souffrir.

Dernièrement, sur un réseau social, j’ai lu deux interventions de membres de ma famille disant qu’ils nous aimaient mes soeurs et moi…. What’s the fuck ? Connaissez-vous ce qu’est l’amour ? Peut-on aimer sans jamais voir une personne, sans jamais prendre de ses nouvelles, sans s’intéresser à sa vie, à son évolution, à ses enfants ? Peut-on aimer en sachant que l’objet de notre amour souffre depuis plusieurs mois et le laisser vivre chaque jour avec cette souffrance, sans même faire un coucou ? NON !

L’amour vit avec l’objet de son amour. L’amour supporte, aide, écoute. L’amour ne se dit pas, il se montre.

Alors gardez votre amour en carton, je n’aime pas les contrefaçons !

Ma famille, je l’ai choisie. Je ne veux plus de faux-semblants, je ne veux plus de « ma chérie » alors que cela fait des mois que je suis seule à pleurer, sans un appel, sans une visite !

Ma famille aime la proximité, ma famille aime se voir, se toucher, s’embrasser. Ma famille s’écoute et s’entre-aide. Ma famille n’est pas parfaite, elle n’est pas toujours d’accord mais elle est respectueuse.

Mon nom de famille est encore celui que ma naissance m’a donné et c’est la seule signification qu’il a pour moi.

Ce blog restera ouvert et accessible à tous et je ne saurais jamais si cette famille dans laquelle je suis née a au moins le respect de me laisser mener ma vie de bloggeuse sans venir en lire les miettes. Je sais bien que je devrais prendre du recul et m’en foutre mais sincèrement en seriez-vous capable ? Seriez-vous capable de relater votre vie, des moments plus ou moins intimes, tout en sachant que derrière leur écran, des personnes que vous connaissiez vous lisent et parlent de vous autour d’un thé lors d’un échange de commérages ?

Pour vivre, j’ai besoin d’amour qui se montre, de compassion qui supporte, de bienveillance qui aide. Je ne veux plus souffrir des mots des hypocrites, je ne veux plus garder pour moi ce ressenti. J’ai commencé à prendre du recul sur la douleur que je ressens suite à la séparation d’avec mes parents et mon frère. J’ai retiré de mon blog tous les articles qui traitaient de ce sujet et je vis chaque jour en me disant que mes parents et mon frère appartiennent à un soi-disant mouvement religieux qui n’est pas conforme à mes propres valeurs. C’est ce qui m’aide à ne pas sombrer dans une dépression profonde. Dois-je préciser alors qu’une grande partie de ma famille paternelle appartient également à ce mouvement et que tout comme mes parents, ils se gargarisent de détenir La Vérité ?

Je vous connais tant pour savoir que vous ne l’emporterez pas au paradis. Vous cachez tant de cadavres dans vos placards, que l’odeur nauséabonde qui en ressort finit petit à petit par révéler qui vous êtes vraiment. Restez donc avec votre vérité, votre dieu et laissez MA famille survivre des blessures que votre organisation nous fait subir !

Votre compassion est fausse, votre amour est faux et votre hypocrisie est grande. Ces mots sont le reflet d’un désespoir qui a émergé dans mon coeur, il y a déjà bien longtemps, que j’avais fait taire mais que je ne mettrais plus jamais en sourdine !

A bon entendeur, salut !

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