Mes allaitements et moi

Allaitement, voilà un mot qui cache bien des sentiments, des émotions, des regrets.
J’ai vécu trois allaitements, à chaque fois, avec la même envie de le poursuivre aussi longtemps que possible et le dernier est toujours en cours.

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En ce qui me concerne, pour mes allaitements, il y a eu un avant et un après.

Avant, c’est pour mes deux premiers enfants.
Rien n’a fonctionné comme je l’avais souhaité.

Pour mon fils ainé, il y a eu l’inconnu et l’incompréhension. Je n’y connaissais rien. Je pensais que le fait d’allaiter mon bébé serait inné, que je saurais quoi faire. Je pensais naïvement que le personnel soignant de la clinique saurait me guider et m’aider pour ça fonctionne. Que nenni !
La première mise au sein a été très tardive. En effet, je n’avais jamais entendu parler de tétée de bienvenue, de mise au sein en salle d’accouchement, ni même de peau à peau. A cela s’est ajouté une suspicion de maladie, des prises de sang sur mon bébé tout juste né et une dose d’antibiotique comme premier contact avec l’alimentation 😦

Puis nos deux  premières nuits ont été un tourment. Mon bébé pleurait beaucoup, je le mettais systématiquement au sein, il tétait très peu, s’endormait, je le recouchais et vingt minutes plus tard, c’était le même scénario… Mes actions étaient très mécaniques. Je pensais qu’il avait faim et comme il tétait très peu, j’ai commencé à douter de moi et de mon bébé. On ne s’est pas compris. Pour moi, l’allaitement n’était qu’alimentaire. Je n’avais nullement conscience que ce précieux contact pouvait transmettre autre chose que de la nourriture.
Personne ne m’a dit, à ce moment-là, que mon bébé pouvait ressentir les hormones qui s’agitaient en moi et que celles-ci pouvaient le réveiller au point d’avoir envie de téter ce mamelon, ne serait-ce que deux minutes ! J’ai cru que mon lait ne lui suffisait pas. Après une nuit d’épuisement, de mise au sein presque constante, deux sages-femmes m’ont simplement proposé de lui donner un biberon dont il n’a pas voulu, bien sûr. C’est la bonne odeur de mon téton qu’il voulait !
Si seulement j’avais su, je ne me serais pas angoissée. Sereinement, j’aurais laissé mon bébé téter, même si cela ne durait que quelques secondes.
Notre allaitement a duré presque trois mois. Il a été laborieux et douloureux. J’ai eu d’énormes crevasses que je n’ai jamais réussi à soigner correctement. Je pleurais en le mettant au sein. C’était une torture. Mais je voulais tellement lui donner mon lait. A trois semaines seulement, je n’avais plus de lait. Mes montées de lait étaient quasi-inexistantes. Je n’ai même jamais ressenti la sensation d’avoir du lait dans les seins. Je n’ai jamais eu besoin de caches-nénés et mon fils n’a jamais reçu de giclette de lait maternel dans le nez. J’en garde une profonde sentiment d’amertume, de regret et de déception d’être passé à côté de notre allaitement par manque d’information.

Alors, le jour où j’ai appris que mon désir de deuxième enfant était exaucé, j’ai espéré découvrir un allaitement épanouissant pour mon bébé et pour moi.
Puis, il y a eu la naissance. Une naissance déclenchée, longue et pas du tout physiologique. Cette nuit-là, j’ai souhaité mettre mon nourrisson au sein dès sa venue au monde. J’ai ressenti son envie de succion et je ne m’étais pas trompée. Malheureusement, une sage-femme a décidé de le mettre en couveuse car sa température lui semblait basse. Elle ne m’a même pas proposé de peau à peau ! C’est à travers la vitre de cette machine que j’ai constaté que mon ressenti était le bon. Mon bébé a tété dans le vide pendant une heure. Quand cette femme a accepté de me le rendre, mon nouveau-né, fatigué, s’est endormi en quelques secondes sur mon sein. J’ai alors ressenti une profonde tristesse.
Je suis restée trois jours à la clinique. J’ai vécu un bon moment avec mon deuxième fils. Je le mettais au sein avec beaucoup d’émotion, j’étais plus détendue même si je commençais à éprouver certaines douleurs qui me paralysaient lors des tétées. Je suis rentrée à la maison et les crevasses sont apparues.
Pour ceux qui ne savent pas ce qui signifie le mot « crevasse », eh bien, c’est un nom bien barbare qui exprime une chose très barbare. Âmes sensibles s’abstenir de regarder les photos sur Google ! C’est une blessure du mamelon qui saigne quand le nourrisson suce le sein de sa mère. En deux jours, mon corps s’est crispé. Je ne supportais pas les tétées, c’était une souffrance. Quant au tire-lait, c’était aussi un calvaire physique. Je n’ai pas pu continuer. Mon lait a disparu comme il était venu, en une nuit.

La vie a suivi son cours. J’ai fait les bonnes rencontres, je me suis mise sur internet à chercher tous les renseignements concernant l’allaitement. J’ai lu des témoignages, j’ai suivi des mamans allaitantes, militantes et il y a eu ce livre


9782226107244FSet tout a changé.
J’ai découvert ce qu’était vraiment l’allaitement.

Et mon « après » est arrivé. J’ai lu ce livre en portant la vie pour la troisième fois et j’ai compris ce qui m’avait fait défaut pour mes deux premiers enfants. Puis grâce à internet, j’ai appris des tas d’astuces pour une bonne mise en bouche du téton pour éviter les crevasses et sur les petits secrets de l’allaitement. Et surtout grâce à mon accouchement à domicile, j’ai eu tout le loisir d’avoir l’accueil que je souhaitais pour ma fille et ma sage-femme pour seule référente dont le savoir m’a beaucoup aidé.

Et j’ai kiffé 🙂

J’ai eu une petite crevasse qui s’est soignée en trois jours grâce à une bonne mise en bouche et ma pommade Castor equi. Ma fille a eu le privilège de téter dès sa naissance, d’être réchauffée contre le sein de sa mère et d’avoir une maman apaisée et confiante. Et mon lait n’a jamais manqué.

Après deux allaitements ratés, j’ai même dû faire face à un réflexe d’éjection fort, REF. Pour celles et ceux qui se demandent ce qu’est un REF. Voici quelques mots qui ne sont pas de moi et qui en parle mieux que moi : « Parfois, le lait coule tellement rapidement au moment du réflexe d’éjection que le bébé au sein ne parvient pas à tout avaler. Il peut alors s’éloigner du mamelon ou hoqueter, crachoter et avaler de l’air. Il peut même s’agiter dès qu’on le met au sein parce qu’il a appris à anticiper les difficultés. » Extrait de L’Allaitement Tout Simplement, Le réflexe d’éjection très fort. Et si vous voulez en savoir un peu plus, vous trouverez tout ce qu’il vous faut en cliquant ici.

Autant dire que mon lait est bien bon et ne manque pas. Je n’ai même pas eu besoin de tisanes d’allaitement !

Je suis donc ravie d’avoir enfin réussi à établir ce lien lacté entre ma fille et moi. J’ai pris ma revanche. Je sais que je suis capable d’allaiter ma fille, sans aucune aide. Mon lait ne se tarira pas. J’aime tellement l’entendre téter et boire. Et à présent qu’elle a grandi, elle sait bien venir tirer sur mon décolleté en criant « Tatatata » pour gouter à son met préféré.

A présent, je ne milite pas vraiment pour l’allaitement mais je n’hésite pas à livrer mon expérience. En effet, j’ai appris qu’en matière d’allaitement toutes les femmes qui ont des seins et qui ne sont pas atteintes d’une maladie ou d’une malformation mammaire sont en mesure d’allaiter leur bébé. Pour y parvenir, il suffit de vous faire confiance, de faire confiance à vos seins qui sont faits pour donner du lait et de faire confiance à votre bébé. Et si vous avez encore quelques difficultés, lisez le bouquin ci-dessus ou demandez-moi, je tâcherais de vous aider.

 

Change de Lange

Rien à voir avec les langes de nos grands-mères. Toutes les personnes qui ne connaissaient pas les couches lavables et qui ont découvert les miennes ont été séduites par leur simplicité d’utilisation.

Soyons clairs, il ne s’agit pas de régresser. J’ai l’eau courante, une bonne fosse sceptique et une machine à laver qui fait très bien son travail !

Alors pourquoi suis-je passée aux couches lavables alors que les jetables font si bien l’affaire ? Quels sont leurs avantages et leurs inconvénients ? Quelles couches lavables choisir ? Comment les entretenir ?

Je vais tout vous dire de mon expérience. Très certainement d’autres mamans ne font pas comme moi et si c’est le cas, vous pouvez partager votre expérience en commentaire, cela ne sera que bénéfique pour toutes celles qui se renseignent sur les couches lavables.

Pourquoi des lavables ?

Durant ma grossesse, j’avais fait quelques investigations sur le net mais je n’avais franchement rien compris à toutes ces couches lavables de différents modèles et tailles, et je trouvais leur prix exorbitant. J’avais donc abandonné l’idée. Pour la naissance de ma fille, j’avais investi dans des jetables. Puis est venu le temps de ma rencontre avec ma monitrice de portage, qui est aussi à la tête de son entreprise de location de couches lavables et j’ai eu Ma révélation. J’ai eu la chance de pouvoir découvrir les couches lavables en vrai, en touchant les modèles, en posant des tas de questions et surtout en les testant. J’ai A-DO-RE ! J’encourage à toutes les mamans qui hésitent entre lavables ou jetables à tester les lavables. Il y a plusieurs sites qui vous proposent ce genre de service sur le net. Pour ma part, je vous conseille :

Locacouche, avec Laurence sans qui je ne saurais pas là pour vous parler des couches lavables.

– Change de Lange, avec Alice qui fabrique aussi ses propres modèles de couches lavables, je vous en dis plus un peu plus loin.

Mes avantages :

1/ Financier : Oui je suis une mère au foyer vénale qui regarde à la dépense. Vous ne regardez pas le prix des choses, vous ?

Après avoir testé, j’ai investi dans des lavables. J’ai tout acheté d’occasion, un peu à des copines laveuses elles aussi, un peu à Laurence qui vidait un de ses stock, je suis bien tombée, et un peu sur les forums de couches lavables, il y en a plein sur Facebook.

J’ai donc eu une trentaine de couches lavables, dont quatre spéciale nuit, pour la modique somme de 400 euros et j’en ai jusqu’à la propreté.

Alors qui dit mieux avec ses jetables ?

2/ Écologique : les couches jetables représentent environ une tonne de déchets par enfant et mettent environ un demi-siècle à se décomposer. Je pourrais vous dire aussi les économies d’énergie ou d’eau que les lavables représentent pour la planète. Ça ne vous parlerait peut-être pas vraiment. Mais pour moi, ça veut dire beaucoup.

3/ Les lavables sont naturelles : Simplement, pour faire une couche jetable, il faut un verre de pétrole et c’est sur les fesses de votre bébé 24 heures sur 24 …

Mes inconvénients :

1/ Il faut préparer les lessives. Avec une trentaine de couches, je fais deux machines par semaine. Préparer signifie pour moi enlever l’excédent de caca avec une petite brosse dans une petite bassine, pour éviter de boucher l’évier de la salle de bain, et hop dans la machine. Quand toutes les couches ont été préparées au lavage, je fais un premier rinçage qui dure une quinzaine de minutes, puis je lance mon cycle  sur coton, spécial tache, à 60°, et c’est parti pour environ 1h50.

2/ Il faut étendre le linge. Les inserts peuvent passer au sèche-linge mais la plupart des couches ne peuvent pas bénéficier du sèche-linge.

3/ Il faut tenir compte du temps de séchage soit 2 à 3 heures en plein été, au soleil, soit une journée en hiver.

4/ Les couches lavables étant plus grosses, il faut généralement habiller votre bébé de body et de bas d’une taille supérieure, ce qui n’est pas vraiment un inconvénient quand on le sait, on s’adapte très bien.

Quelles couches lavables choisir ?

Pour ma part, j’ai opté pour des couches évolutives à partir de 4/5 kilos jusqu’à la propreté qui s’adaptent à la croissance du bébé soit grâce à des pressions soit avec des velcros et ce sont ces modèles de couches que je vous conseille.

Il existe aussi des couches à tailles, qui faut changer au fur et à mesure de la croissance de votre bébé. Pas bien pratique et moins rentable !

J’ai répertorié quatre types de couches :

– Les TE1 : ce sont des intégrales dans lesquelles la culotte et la protection intérieure sont reliées, on met le tout au sale à chaque change.

– Les TE1 à poche : elles se composent d’un insert que l’on glisse dans la poche d’une culotte imperméable, on lave le tout à chaque fois.

– Les TE2 : elles contiennent deux éléments, la culotte de protection imperméable et l’insert qui est fixé par des pressions.

– Les couches classiques + culottes de protection : elles se mettent en deux temps et l’absorption est optimale car la culotte de protection fait barrage.

J’ajoute régulièrement un insert supplémentaire en coton que j’ai fabriqué dans des chutes de tissu afin d’éviter que l’intérieur ne soit trop tâché et pour que l’absorption soit meilleure.

Certaines choisissent de protéger le fond de la couche avec un voile de protection, à jeter, mais je n’ai pas vraiment adhéré à ce système. On peut également utiliser un voile en micro-polaire qui protège des tâches.

Et je viens d’apprendre aujourd’hui que des mamans utilisent simplement des langes par-dessus lequel elles mettent une culotte de protection. C’est ce qui s’adapte le mieux à la morphologie de votre bébé, qui est le plus économique et le plus facile à entretenir. Je pense que je vais tester.

Alors comment faire son choix parmi tant de modèle ? Il faut tester soit par la location, comme dit précédemment, soit en achetant un modèle de chaque puis selon vos préférences, vous augmentez votre stock. Par contre je vous déconseille d’acheter toutes vos couches en une fois et dans le même modèle. C’est arrivé à une copine et les couches n’ont pas convenu, elle a fini par retourner au jetable.

Ma marque favorite est Demain propre mais malheureusement vous n’en trouverez plus neuve car la société a fermé. J’ai aussi des Lulu nature qui sont de très bons produits, deux Blueberry et trois Sweet Lili Made in La p’tite prairie pour la nuit.

J’ai eu le loisir de tester la marque Change de Lange avec une TE2 chrysalide, une couche évolutive qui couvre les fesses de votre bébé de 5 à 10 kilos et grâce aux pressions qui se trouvent sur le devant de la culotte, vous pouvez adapter la hauteur à la morphologie du bébé. C’est donc une couche qui se compose d’une culotte de protection imperméable et d’un insert qui se glisse à l’intérieur de la culotte. J’ai eu droit au modèle so girly rose bonbon pour la culotte et l’insert, tout doux, est rose pâle d’un côté et blanc de l’autre.

Lors de nos multiples utilisations, nos crash-tests ont été très concluants. Après la phase de rodage  du début, je constate à présent que l’absorption est bonne. Parfois j’ai quelques fuites, principalement quand il s’agit des selles mais j’ai les mêmes soucis avec d’autres couches lavables et j’avais les mêmes fuites avec mes jetables. Donc j’en conclus que cela est tout à fait normal.

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Alice, la créatrice de ces modèles fabriqués en Franche Comté, a une petite entreprise qui vaut le coup d’œil. Ses confections vont des couches lavables aux accessoires et quelques articles de puériculture. Elle offre même un service de personnalisation.  Je la remercie grandement pour notre partenariat et pour la patience dont elle a fait preuve. Pour les mamans qui souhaitent se laisser tenter par ses couches, elle offre pour l’achat d’une TE2 Chrysalide, 50% sur l’insert supplémentaire (offre valable jusqu’au 18 juillet 2014 inclus ), il vous suffit pour en bénéficier de donner le code promo « Chronique d’une mère au foyer ».

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Je vous invite donc à visiter son site Change de Lange et à rejoindre ses fans sur sa page facebook ici.

Pour finir la question du choix, il vous faudra entre 15 et 20 couches pour trois lessives par semaine, soit tous les deux/trois jours ou une trentaine de couches pour deux lessives par semaine, soit tous les trois/quatre jours. Vous pouvez aussi achetez une TE2 complète et un insert supplémentaire, qui comptent par exemple pour deux couches, car lorsque l’insert n’est souillé que de pipi, vous pouvez simplement prendre un insert propre et conserver la culotte. Par contre, ici lorsque ma fille a fait caca, je ne peux pas me resservir de la culotte. Ce qu’il y a de bien c’est qu’avec le temps, on découvre le système digestif, qui est assez régulier, de son bébé et on arrive très bien à jongler avec ses inserts. Par exemple, j’ai 7 couches Demain propre et 3 inserts supplémentaires. Lorsque j’utilise bien mes trois inserts, je peux facilement décaler ma lessive d’une journée 😉

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Comment entretenir ses lavables ?

1/Le stockage :

Tout d’abord ne faites JAMAIS tremper vos couches lavables. Au mieux, vous pouvez mettre un peu de fiel de boeuf, qui est un détachant naturel, sur les grosses tâches et les stocker ainsi, comme ça au moment du lavage, le fiel aura déjà commencé à détacher.

Vous pouvez utiliser un gros seau pour les stocker et si vous avez les moyens, tous les sites qui vendent des couches lavables, vendent aussi des seaux à couche et tout un tas d’autres accessoires, comme des sacs à couche pour les transporter quand vous sortez.

Pour part, j’ai trouvé chez Emmaus, un vieux conteneur à 2 euros qui fait très bien l’affaire et un ou deux sacs congélation au fond de votre sac à langer font office de sacs à couche et tout se passe très bien ainsi.

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Certaines laveuses mettent un lange avec quelques gouttes d’HE au fond du seau pour éviter les odeurs. Je ne le fais pas et je n’ai pas d’odeur.

En sachant qu’il ne faut jamais excéder quatre jours de stockage sinon les couches moisissent.

2/Le lavage et le séchage :

Pour des couches neuves, avant leur première utilisation il est conseillé de les faire tremper toute une nuit pour optimiser l’usage, et sachez que l’absorption ne sera complète qu’après trois ou quatre lavages.

Pour les laver, utiliser une lessive écologique, c’est mieux, en poudre ou liquide, ça ne fait pas une grande différence et un cycle à 60°, avec un prélavage si possible pour ôter une première fois l’excès de pipi. Ne prenez pas de lessive à base de savon de Marseille, n’utilisez pas de noix de lavage et pas d’assouplissant car cela encrasse les couches.

On peut utiliser du percabonate de soude qui est un détachant et un blanchissant naturel ou quelques gouttes d’HE.

A la longue, peut-être deux ou trois fois par an, vous constaterez que vos couches absorbent moins bien. Il vous faudra alors les décrasser. Pour cela, après avoir fait votre lessive habituelle, vous les referez tourner une fois, sans lessive et c’est tout.

Le mieux est de les faire sécher au soleil c’est un blanchissant naturel. Mais pour celles qui ont un sèche-linge, vous ne pourrez y mettre que les inserts car les culottes ne supportent pas le sèche-linge.

J’aime prendre le temps d’étendre mes couches et le soir, les ramasser toute propre, toute fraiche et les ranger prête à servir.

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3/ Lingettes lavables :

Après avoir goûté aux couches lavables, je me suis également mise au lingettes lavables. Je me suis moi-même fabriquée avec des chutes de micro-polaire, tout un stock de lingettes lavables. Et je suis ravie.

Et également des inserts supplémentaires en coton pour limiter les tâches.

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Il ne me manque plus qu’à fabriquer mon propre liniment 😉

Et sous une robe ou en plein été, les couches lavables, c’est très joli. Plus besoin d’acheter des culottes pour les cacher, elles sont top.

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Et si vous essayiez ?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ma petite douceur

J’aime tes sourires, ton rire, tes éclats de rire.

J’aime quand, en tétant tu lâches furieusement le mamelon, regardes autour de toi ce qui se passe et reviens finir goulument ta tétée.

J’aime dans le silence de la nuit t’entendre chercher mon sein et te voir les yeux fermés, choper instinctivement le téton et téter paisiblement.

J’aime la petite houppette que forment tes cheveux après le bain.

J’aime la moiteur de tes pieds, l’odeur de ta peau, la chaleur de tes bisous baveux.

J’aime te porter en écharpe contre moi, t’avoir rien qu’à moi et me souvenir de nos échanges utérins.

J’aime quand tu dors et te voir si belle endormie.

J’aime l’amour et l’attention que tes frères te portent et j’aime les voir s’agiter autour de toi pour te faire rire.

J’aime notre vie à cinq.

J’aime ce que tu m’as appris, ce que tu me fais découvrir au plus profond de moi, ce que tu m’offres chaque jour sans compter, simplement parce que tu vis.

J’aime tes gazouillis.

J’aime te voir t’agiter sur le tapis.

J’aime, quand dans les bras de ton père, tu me regardes amoureusement.

J’aime nos réveils-câlins.

J’aime quand tu t’endors dans les bras de ton papa.

Depuis toi, notre vie est encore plus belle, plus entière, plus magique.

Je t’aime à l’infini ma fille.

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Le jour où j’ai donné la vie entre ses mains.

Je ne sais plus vraiment comment ça a débuté. C’était sans doute au détour d’une lecture, peut-être celle d’une maman qui avait vécu cet instant magique, cette bénédiction de donner la vie dans l’intimité de son foyer. J’ai immédiatement été enchantée par cette possibilité. Pour mes ainés, j’avais vécu deux expériences en clinique qui m’avaient beaucoup déçue et extrêmement frustrée. C’est ainsi qu’avant même de tomber enceinte de mon troisième enfant, je souhaitais accoucher à domicile.

Puis il y a eu un test, un pipi et deux traits… L’aventure commençait.

Avec empressement, je pris mon premier rendez-vous avec Roselène M., une sage-femme libérale renommée, dont le cabinet se situait à une petite vingtaine de kilomètres de chez moi. Notre rencontre fut pour moi déterminante et humainement très enrichissante. Elle accepta de nous accompagner dans notre projet. Avec elle, je me sentais à l’aise.

A ses côtés, j’ai vécu neuf mois sereins. Pourtant j’étais en proie à un drame familial. J’ai perdu père, mère et frère, et bien plus encore au cours de ces quarante semaines. J’ai beaucoup pleuré, crié aussi et détesté. J’ai dû renoncer à mes racines, à la confiance que je portais et néanmoins, ma grossesse a été un havre de paix. J’ai eu tellement de contrariétés et de déceptions que j’ai eu quelquefois le sentiment que mon bébé allait subir des dommages collatéraux. C’était sans compter sur l’apaisement que me procurait in utéro cette petite fille qui tranquillement grandissait en moi.

Cette troisième grossesse fut de loin celle qui a le plus respecté mon corps et mes envies, celle qui m’a réconciliée avec la petite fille que j’étais, celle qui m’a permise d’aimer mon corps pleinement, dans sa fonction primaire de mammifère. Je rencontrais ma sage-femme une fois par mois, elle m’écoutait beaucoup, connaissait mes difficultés et me soutenait. Je n’ai eu d’examen vaginal que lorsque je l’ai souhaité. Je n’ai pas fait le test d’O’Sullivan. Mes examens sanguins étaient corrects, il n’y avait donc aucune raison de m’imposer cette torture. Malgré une anémie en fer au milieu de parcours, j’ai retrouvé une énergie indescriptible les six dernières semaines. J’ai alors profité des joies de la grossesse. Même avec vingt kilos de plus, je me sentais belle, désirable et pleinement maman.

Au huitième mois, notre projet d’accouchement à domicile était validé à cent pour cent. Tous les résultats médicaux étaient corrects, ma grossesse s’était déroulé sans encombre, le bébé était en bonne santé et moi, je faisais mes achats pour accueillir mon petit bout de femme dans le confort et la chaleur de notre maison.

J’ai toujours su, comme un présage divin, que cet accouchement se passerait sans difficulté. J’étais bien informée et j’étais confiante. Ma sage-femme m’avait prouvé à plusieurs reprises qu’elle était très compétente. Sa bonne réputation m’avait même été confirmé plusieurs fois, au hasard d’une conversation, avec des femmes qu’elles avaient accouchées. J’avais confiance en moi, en mon mari et avec l’aide de Dieu, je savais instinctivement, que ma fille serait accueilli comme une princesse en son château. Et puis, je sentais au fond de mon âme que mon corps était capable de mettre au monde cet enfant, sans aide médicamenteuse.

Ce mardi 3 décembre 2013, je me réveillais comme d’habitude, avec malgré tout, une petite appréhension, car ce jour-là était celui que Roselène avait établi comme étant le terme de cette belle aventure. Après avoir vécu un déclenchement à J+3 pour mon deuxième enfant, je redoutais cette intervention et d’autant plus que cela aurait signifié de renoncer à notre désir de mettre notre fille au monde dans notre foyer.

Alors ce matin-là, après avoir déposé mes fils à l’école, je partais en quête d’une tisane à la sauge qui selon la tradition populaire aurait pour vertu de déclencher l’accouchement. Je n’étais pas convaincu de l’efficacité de cette méthode mais en désespoir de cause je me disais « Pourquoi pas? » Le mektoub fit que je ne trouvais pas cette fameuse boisson. Je rentais alors chez moi, en compagnie de mon mari qui était en congé pour la journée.

Refusant de ma laisser à la mélancolie, c’est en musique que je me mis à préparer un tajine au poulet. Soudainement, la nature décide qu’il est temps d’exhausser mes prières. Une première contraction apparait. D’abord timidement et légèrement douloureuse, les contractions s’enchaineront toutes les vingt minutes durant deux heures.

De peur de mettre un terme à ce commencement, je garde ces premières sensations pour moi et je continue, le sourire aux lèvres, à préparer mon plat. Mon mari ne se doutant de rien, continue à jouer au poker sur le net, tout en programmant une playlist spécial reggae. Cette musique apaisante et calme tombe à point nommé et adoucit ma merveilleuse douleur.

Je décide alors que c’est le moment de partager ma joie. J’informe mon homme et j’appelle ma sage-femme. Je fais le point avec elle. A cette heure-ci, 11h00, je doute encore que la naissance soit pour aujourd’hui. Je pense à un faux-travail, ces contractions ne me semblent pas suffisamment fortes pour annoncer le reste. Roselène prend note de ce que je lui dis et me demande de la rappeler dans une heure pour voir l’évolution.

Après le repas de midi, peu de temps avant que mon ainé reprenne le chemin de l’école, je la rappelle. Elle est là une petite demi-heure plus tard. Et le verdict tombe : dilatation à 4, le travail a bien commencé. Je suis soulagée. Je vais accoucher à la maison.

Autour d’un café et d’une part de fondant au chocolat, Roselène et moi discutons, entre deux contractions, comme deux amies de longues dates. A 14h20, exactement, la pendule de la cuisine peut en témoigner, une grosse contraction annonce la deuxième phase de travail. Là, Roselène installe son matériel et prépare , avec mon homme, le lit. Perchée sur mon ballon, je vis mes contractions une à une, en douceur, tout en continuant entre chacune à savourer le bonheur d’être chez moi. Au loin, j’entends mon fils cadet se bercer durant sa sieste, sans doute son inconscient s’ajuste sur mes propres bercements lors de mes contractions. Mon homme s’occupe de ma bouillotte tandis que ma sage-femme masse le bas de mon dos. J’évacue ma douleur entre ses mains.

Puis tout s’enchaine très vite, je n’ai plus la notion du temps, seul le jour qui décline m’indique que l’après-midi est à son terme. La poche des eaux se rompt et la douleur s’intensifie. Je ne suis plus qu’un corps. Mon esprit ne réfléchit plus. Je suis totalement dans le prolongement avec ma sage-femme. J’ai besoin de sa présence, de ses mains, de son coaching pour me guider. Mon corps ressent un mal si fort, si puissant que je suis incapable de vivre seule cette douleur. Près de mon homme et de ma sage-femme, je suis en sécurité.

Vient la phase de désespérance. Le bébé arrive, je dois surmonter une nouvelle fois, ce mal pour faire descendre mon bébé à l’orée de la sortie. Mais je doute, je n’y arriverai pas. C’est trop dur, trop douloureux, presque impossible à surmonter. J’ai peur de ne pas réussir, je panique. Heureusement Roselène se transforme en coach et me rappelle à l’ordre « Le bébé arrive, je ne te laisserai pas paniquer » Et elle m’indique une position pour pouvoir pousser. Je m’exécute. Accroupie, entre les genoux de mon mari, je ne suis pas complètement rassurée. Alors mon homme, cet homme que j’ai embarqué avec moi dans mon rêve, me recadre fermement « Allez Julie, c’est ce que tu voulais. Maintenant, on y est, alors vas-y ! »

Il est déjà temps de pousser. Une fois, deux fois et à la troisième poussée, je tends mes bras, attrape mon bébé sous les aisselles et vient la poser contre ma poitrine.

Ma fille est là. Elle est belle, elle est toute chaude, elle sent si bon, elle est parfaite. Un bébé du crépuscule, né à 17h33. Que Dieu veille sur elle !

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J’aimerais profiter de ce récit pour rappeler que l’accouchement à domicile est menacé. En effet, les sages-femmes libérales AAD se doivent d’être assurées mais les primes d’assurances sont hors de prix et bien au-delà de ce qu’elles gagnent en une année ! Pour qu’elles puissent s’assurer, il faudrait qu’une compagnie d’assurance accepte de faire une étude sur les vrais risques qu’elles prennent afin d’établir une prime d’assurance au plus près de la réalité.

Pour que chaque femme puisse AVOIR LE CHOIX d’accoucher où elle le souhaite, les sages-femmes ont besoin de notre soutien.

Pour suivre le mouvement de soutien, vous pouvez signer la pétition en cliquant ici et suivre le blog ici.

Bienveillante

Lorsque j’ai été enceinte pour la première fois, j’ai cru du plus profond de mon âme que je serai avec mon enfant une maman bienveillante. J’ai cru que c’était instinctif, que mes bras étaient destinés à l’accueillir avec douceur. J’ai cru que mon coeur saurait naturellement comprendre le sien et apaiser ses pleurs. J’ai cru que je savais faire.

J’y ai tellement cru que je n’ai pas réalisé tout de suite que mes gestes étaient loin d’être bienveillants. Dans l’urgence, dans la panique des appels répétitifs et incompréhensibles de mon nourrisson, je n’ai pas compris que je m’y prenais mal.

Quand mon coeur revit ces moments, je souffre pour mon fils. J’aimerais avoir le pouvoir de me transporter dans le passé et de me murmurer à l’oreille tout ce que j’ai appris et compris cette dernière année. Mais la vie est ainsi faite et ce qui est fait ne peut être défait. Je porterai sans doute encore de nombreuses années le poids de la culpabilité de n’avoir pas compris plus vite…

Du plus loin que je me rappelle, je n’ai pas le souvenir d’avoir été câlinée par ma mère. Je ne me souviens pas de ses bras bienveillants m’enveloppant d’amour. Je n’ai pas appris au contact de sa peau à recevoir et à donner de l’amour.

Lorsque mon deuxième fils est né, c’est dans les bras de mon médecin homéopathe, une femme formidable, que j’ai eu le déclic de ce à quoi servait les bras d’une maman bienveillante. Ils ne se contentent pas d’endormir. Ils protègent et réconfortent. Ils installent un halo d’amour autour de cet enfant. Ils accueillent ses émotions et l’en déchargent.

Bien souvent, on berce un nourrisson au creux de ses bras.  Ce bercement apaise les pleurs et transmet un sentiment de sécurité dont a besoin ce bébé pour grandir. Puis quand il a grandi, qu’il marche, qu’il est plus indépendant, on oublie que ce bercement reste esssentiel pour continuer sa croissance en toute sécurité affective.

Ma mère m’a bercée étant bébé puis m’a laissé seule avec mes angoisses et mes pleurs. Une fois devenue petit enfant, ses bras se sont fermés et ne sont plus jamais réouverts. Alors je n’ai pas appris à son contact à ouvrir mes propres bras pour accueillir de manière bienveillante mon enfant.

Bien sûr que j’ai su le bercer quand il pleurait, mais avec le recul, je réalise que ce bercement n’était qu’un automatisme, il n’était qu’une copie de ce que j’avais vu faire. Ce bercement ne savait pas accueillir les émotions. Puis mon bébé a grandi et heureusement pour lui,  j’ai ouvert mon coeur, mon esprit et mes bras à l’amour que j’avais pour lui. Je n’ai pas eu peur de mes sentiments, je n’ai pas eu peur de lui dire que je l’aimais et de lui montrer. Finalement, ce que je n’ai pas su lui donner instinctivement dès sa naissance, je lui donne maintenant et chaque jour qui passe.

Le chemin parcouru depuis est loin d’être terminé. Etre une maman bienveillante est pour moi un travail de longue haleine. Pourquoi est-ce que je défends avec autant d’ardeur l’éducation non violente ? Parce que, quotidiennement, je vois le massacre qu’a fait la violence éducative ordinaire sur ma propre personnalité. Je vois chaque jour les séquelles qu’ont laissé sur mon âme les châtiments corporels que j’ai reçu.

Quelle tristesse de réaliser que pour être bienveillante, je doive faire un travail sur moi-même ! Quelle tristesse de se rendre compte que l’automatisme qui perdure c’est la main qui démange de fesser plutôt que les bras qui s’ouvrent pour câliner son enfant ! Quelle tristesse d’entendre sa voix crier, hurler, pour ordonner et imposer !

Chaque jour qui passe, j’ai peur de retomber dans mes mauvais travers, ceux qui sont soit-disant acceptables et qui pourtant m’ont fait et me font encore tant souffrir.

Je suis enceinte de mon troisième enfant et je sais que de nouvelles épreuves vont venir perturber mon équilibre intérieur. J’espère être à la hauteur et parvenir à ouvrir mes bras et mon esprit aussi grand que l’amour que j’éprouve pour mes enfants. J’espère que la fatigue et les difficultés du quotidien n’envahiront pas mon coeur au point de ne plus entendre ma petite voix bienveillante qui me guide vers le bonheur et l’épanouissement de ma famille.

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Dis-lui toi que tu l’aimes

D’accord je paraphrase la jolie chanson de Vanessa Paradis, je l’assume !

A chaque instant du jour et de la nuit, l’amour que je porte pour mes enfants est un feu ardent qui consume mon coeur et qui répand sa douce chaleur dans mon corps. Même au plus fort de la tempête, même lorsqu’ils me fatiguent tellement que j’aimerais les ficeler à leur chaise, mon amour pour eux apaise ma colère, soigne ma tristesse et me nourrit. Pour eux, j’ai tellement changé. Je me suis remise en question un milliard de fois et j’ai réalisé qu’ils m’apporteront toujours les réponses aux questions que je me pose.

Pour leur bonheur et leur bien-être, je m’éloigne des choses néfastes et des personnes toxiques. J’abandonne la mauvaise éducation que j’ai reçue et ensemble nous en inventons une qui rime avec bienveillance et respect.

Au cours de mes lectures pour une éducation non violente, j’ai appris et compris que notre cerveau émotionnel fonctionne encore et toujours grâce aux différentes hormones que nous sécrétons. Voilà pourquoi depuis quelques jours, à la maison, nous rechargeons nos batteries de câlins. Pour une fois je n’ai pas eu besoin d’expliquer aux enfants à plusieurs reprises le principe de cette idée. Lorsque le besoin se fait sentir ou que l’envie nous prend, nous prenons le temps de nous câliner, de nous bisouiller, de nous dire « Je t’aime ». Cette action délivre en nous l’hormone du plaisir, l’ocytocine, et nous aide à passer le cap des instants difficiles. Ces petits moments de pause, de calme et d’amour sont de vraies petits bonheurs. Ils arrêtent le temps et les enfants semblent tellement apprécier.

Cela vous semble évident. Prenez le temps de réfléchir au nombre de câlins et de bisous que vous faites réellement à vos enfants par jour. J’ai pris le temps et j’ai réalisé qu’ils étaient peu nombreux. Cela m’a attristé car je savais bien qu’il en fallait bien plus que ça pour grandir sereinement. Bref, depuis que nous rechargeons nos batteries, le nombre de câlins a bien augmenté et les enfants ne s’en portent pas plus mal.

Quant à moi, je suis devenue accro et je ne m’en passerai pour rien au monde.

Essayez et racontez-moi !

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Mes enfants me fatiguent

Mes enfants sont ma vie. Je n’aime pas être séparée d’eux trop longtemps. Je ne les ai jamais laissés partir plus d’une nuit, je n’ai jamais pris de vacance sans eux, je suis restée au foyer pour m’occuper au maximum de leur éducation. Néanmoins, ils m’épuisent !

Au vue de ma situation actuelle, je suis complètement à fleur de peau et mes fils me prennent une énergie que je n’ai plus. Je suis limite hystérique, je me rends bien compte que nerveusement, je n’encaisse plus rien et je ne suis pas loin de craquer.

Mes enfants sont plein de vie. Jusqu’à maintenant, il m’était déjà difficile de les canaliser, de les cadrer mais à présent, cela me parait presqu’insurmontable.

Dès le réveil, mon fils cadet est un moulin à parole. C’est mignon de voir un gamin d’à peine trois ans parler aussi bien. Il impressionne toutes les personnes qu’il rencontre par son élocution, son vocabulaire et son aisance syntaxique. Mais croyez-moi à 6h00 du matin, vous aimeriez juste que son envie de s’exprimer ne soit pas si présente !

Toute la journée, il est avec moi. Sa vie tourne autour de moi, et lorsque je ne peux malheureusement pas lui accorder l’attention qu’il souhaite, ce sont de vraies crises de désespoir. L’acquisition de la frustration est inimaginable pour lui. Je n’ai tout simplement pas le droit de lui dire « non ». Même lorsque je lui dis « oui » si cela ne vient pas de suite, c’est catastrophique !

Il est ange et démon en même temps. Il est un petit garçon très tendre, câlin et attentionné et quelques secondes plus tard, quand il est contrarié, il se jette par terre en hurlant et en tapant tout ce qui lui tombe sous la main.

Et moi, je ne sais plus quoi en faire.

Sur le chemin de l’école, il court à tout va sur le trottoir et il est tellement rapide que je ne suis jamais tranquille. J’ai constamment peur qu’il lui arrive quelque chose, qu’il lui prenne soudainement l’envie de changer de direction. Avant, j’avais déjà beaucoup de mal à le voir s’élancer à si vive allure, et maintenant je ne le supporte pas du tout. J’ai l’impression de ne pas du tout pouvoir lui porter secours s’il lui arrive malheur et c’est tout bonnement trop pour mes nerfs. Cet après-midi, je me suis mise à hurler son prénom, car mon esprit fatigué et embrumé s’est imaginé qu’il allait foncer sur la route au moment où il a dépassé son copain.

Du matin au soir, je dois lui rappeler les règles de vie de la maison. Je ne peux pas sortir avec lui faire des courses ou voir une amie, car il ne m’écoute pas du tout. Il se met à hurler ou part en courant. Si je lui tiens la main pour l’empêcher de partir, il va se mettre à crier « aïe » comme si je lui arrachais la main. Si vous saviez le nombre de fois où je me contrôle pour ne pas perdre mon sang-froid, je suis épuisée.

Mon fils ainé est un peu plus calme. Il est en moyenne section, il a goûté aux règles de vie de l’école et il a bien compris qu’il ne peut pas toujours faire ce qu’il veut. Pourtant, il essaie quand même de trouver la faille. Il est un négociateur-né, et il argumente très bien. Je me retrouve donc à devoir me justifier auprès de mon fils de cinq ans.

Alors je m’épuise à longueur de journée. Il y a encore un mois en arrière, je gérais tout ça avec beaucoup de tact, de parcimonie, de réflexion et de patience. Mais aujourd’hui, ma patience est si minime que je ne sais plus où puiser ma sérénité. J’ai une bien mauvaise image de moi en tant que maman et je n’arrive pas à en changer.

Mon mari me soulage au maximum de ses possibilités, je lui en demande vraiment beaucoup. J’use et j’abuse de lui. Je sais bien que ce n’est pas une vie pour lui non plus. Chaque jour, je me dis que ça ira mieux demain. Et le lendemain arrive sans véritable amélioration.

Je sais bien qu’il ne tient qu’à moi de faire en sorte que les choses aillent mieux. C’est si facile à dire qu’à faire ! J’attends le retour du soleil pour pouvoir m’aérer un peu plus l’esprit et le corps, et pour libérer mes fauves à l’extérieur !

Je me dis aussi que ce sont des enfants, qu’ils sont en bonne santé et que c’est le plus important. Le reste n’est pas si terrible.

Eh bien si, c’est terrible car même avec tout ça, ma santé mentale défaille.

Pour bien faire, il faudrait que je trouve un mode de garde pour mon deuxième, pour me libérer quelques heures par jour de son emprise sur moi. Pour bien faire, pour lui cela serait très enrichissant de se sociabiliser un peu et je sais qu’il ne demande que ça. Pour bien faire, oui. Mais dans la vie, tout n’est pas si facile. Il m’est impossible financièrement d’assumer un mode de garde !

Voilà où j’en suis et c’est pas joli, joli…

Ceci dit, ça me fait un bien fou de crier sur mon blog que mes enfants me fatiguent ! Pour autant, ils ne finiront ni dans le congélateur, ni cribler de coups car ce n’est pas notre mode de fonctionnement.

Je les aime, ils sont merveilleux, et je remercie Dieu de me les avoir offerts. Pourtant mes enfants me fatiguent et je n’ai pas honte de le dire !

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