Mes allaitements et moi

Allaitement, voilà un mot qui cache bien des sentiments, des émotions, des regrets.
J’ai vécu trois allaitements, à chaque fois, avec la même envie de le poursuivre aussi longtemps que possible et le dernier est toujours en cours.

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En ce qui me concerne, pour mes allaitements, il y a eu un avant et un après.

Avant, c’est pour mes deux premiers enfants.
Rien n’a fonctionné comme je l’avais souhaité.

Pour mon fils ainé, il y a eu l’inconnu et l’incompréhension. Je n’y connaissais rien. Je pensais que le fait d’allaiter mon bébé serait inné, que je saurais quoi faire. Je pensais naïvement que le personnel soignant de la clinique saurait me guider et m’aider pour ça fonctionne. Que nenni !
La première mise au sein a été très tardive. En effet, je n’avais jamais entendu parler de tétée de bienvenue, de mise au sein en salle d’accouchement, ni même de peau à peau. A cela s’est ajouté une suspicion de maladie, des prises de sang sur mon bébé tout juste né et une dose d’antibiotique comme premier contact avec l’alimentation 😦

Puis nos deux  premières nuits ont été un tourment. Mon bébé pleurait beaucoup, je le mettais systématiquement au sein, il tétait très peu, s’endormait, je le recouchais et vingt minutes plus tard, c’était le même scénario… Mes actions étaient très mécaniques. Je pensais qu’il avait faim et comme il tétait très peu, j’ai commencé à douter de moi et de mon bébé. On ne s’est pas compris. Pour moi, l’allaitement n’était qu’alimentaire. Je n’avais nullement conscience que ce précieux contact pouvait transmettre autre chose que de la nourriture.
Personne ne m’a dit, à ce moment-là, que mon bébé pouvait ressentir les hormones qui s’agitaient en moi et que celles-ci pouvaient le réveiller au point d’avoir envie de téter ce mamelon, ne serait-ce que deux minutes ! J’ai cru que mon lait ne lui suffisait pas. Après une nuit d’épuisement, de mise au sein presque constante, deux sages-femmes m’ont simplement proposé de lui donner un biberon dont il n’a pas voulu, bien sûr. C’est la bonne odeur de mon téton qu’il voulait !
Si seulement j’avais su, je ne me serais pas angoissée. Sereinement, j’aurais laissé mon bébé téter, même si cela ne durait que quelques secondes.
Notre allaitement a duré presque trois mois. Il a été laborieux et douloureux. J’ai eu d’énormes crevasses que je n’ai jamais réussi à soigner correctement. Je pleurais en le mettant au sein. C’était une torture. Mais je voulais tellement lui donner mon lait. A trois semaines seulement, je n’avais plus de lait. Mes montées de lait étaient quasi-inexistantes. Je n’ai même jamais ressenti la sensation d’avoir du lait dans les seins. Je n’ai jamais eu besoin de caches-nénés et mon fils n’a jamais reçu de giclette de lait maternel dans le nez. J’en garde une profonde sentiment d’amertume, de regret et de déception d’être passé à côté de notre allaitement par manque d’information.

Alors, le jour où j’ai appris que mon désir de deuxième enfant était exaucé, j’ai espéré découvrir un allaitement épanouissant pour mon bébé et pour moi.
Puis, il y a eu la naissance. Une naissance déclenchée, longue et pas du tout physiologique. Cette nuit-là, j’ai souhaité mettre mon nourrisson au sein dès sa venue au monde. J’ai ressenti son envie de succion et je ne m’étais pas trompée. Malheureusement, une sage-femme a décidé de le mettre en couveuse car sa température lui semblait basse. Elle ne m’a même pas proposé de peau à peau ! C’est à travers la vitre de cette machine que j’ai constaté que mon ressenti était le bon. Mon bébé a tété dans le vide pendant une heure. Quand cette femme a accepté de me le rendre, mon nouveau-né, fatigué, s’est endormi en quelques secondes sur mon sein. J’ai alors ressenti une profonde tristesse.
Je suis restée trois jours à la clinique. J’ai vécu un bon moment avec mon deuxième fils. Je le mettais au sein avec beaucoup d’émotion, j’étais plus détendue même si je commençais à éprouver certaines douleurs qui me paralysaient lors des tétées. Je suis rentrée à la maison et les crevasses sont apparues.
Pour ceux qui ne savent pas ce qui signifie le mot « crevasse », eh bien, c’est un nom bien barbare qui exprime une chose très barbare. Âmes sensibles s’abstenir de regarder les photos sur Google ! C’est une blessure du mamelon qui saigne quand le nourrisson suce le sein de sa mère. En deux jours, mon corps s’est crispé. Je ne supportais pas les tétées, c’était une souffrance. Quant au tire-lait, c’était aussi un calvaire physique. Je n’ai pas pu continuer. Mon lait a disparu comme il était venu, en une nuit.

La vie a suivi son cours. J’ai fait les bonnes rencontres, je me suis mise sur internet à chercher tous les renseignements concernant l’allaitement. J’ai lu des témoignages, j’ai suivi des mamans allaitantes, militantes et il y a eu ce livre


9782226107244FSet tout a changé.
J’ai découvert ce qu’était vraiment l’allaitement.

Et mon « après » est arrivé. J’ai lu ce livre en portant la vie pour la troisième fois et j’ai compris ce qui m’avait fait défaut pour mes deux premiers enfants. Puis grâce à internet, j’ai appris des tas d’astuces pour une bonne mise en bouche du téton pour éviter les crevasses et sur les petits secrets de l’allaitement. Et surtout grâce à mon accouchement à domicile, j’ai eu tout le loisir d’avoir l’accueil que je souhaitais pour ma fille et ma sage-femme pour seule référente dont le savoir m’a beaucoup aidé.

Et j’ai kiffé 🙂

J’ai eu une petite crevasse qui s’est soignée en trois jours grâce à une bonne mise en bouche et ma pommade Castor equi. Ma fille a eu le privilège de téter dès sa naissance, d’être réchauffée contre le sein de sa mère et d’avoir une maman apaisée et confiante. Et mon lait n’a jamais manqué.

Après deux allaitements ratés, j’ai même dû faire face à un réflexe d’éjection fort, REF. Pour celles et ceux qui se demandent ce qu’est un REF. Voici quelques mots qui ne sont pas de moi et qui en parle mieux que moi : « Parfois, le lait coule tellement rapidement au moment du réflexe d’éjection que le bébé au sein ne parvient pas à tout avaler. Il peut alors s’éloigner du mamelon ou hoqueter, crachoter et avaler de l’air. Il peut même s’agiter dès qu’on le met au sein parce qu’il a appris à anticiper les difficultés. » Extrait de L’Allaitement Tout Simplement, Le réflexe d’éjection très fort. Et si vous voulez en savoir un peu plus, vous trouverez tout ce qu’il vous faut en cliquant ici.

Autant dire que mon lait est bien bon et ne manque pas. Je n’ai même pas eu besoin de tisanes d’allaitement !

Je suis donc ravie d’avoir enfin réussi à établir ce lien lacté entre ma fille et moi. J’ai pris ma revanche. Je sais que je suis capable d’allaiter ma fille, sans aucune aide. Mon lait ne se tarira pas. J’aime tellement l’entendre téter et boire. Et à présent qu’elle a grandi, elle sait bien venir tirer sur mon décolleté en criant « Tatatata » pour gouter à son met préféré.

A présent, je ne milite pas vraiment pour l’allaitement mais je n’hésite pas à livrer mon expérience. En effet, j’ai appris qu’en matière d’allaitement toutes les femmes qui ont des seins et qui ne sont pas atteintes d’une maladie ou d’une malformation mammaire sont en mesure d’allaiter leur bébé. Pour y parvenir, il suffit de vous faire confiance, de faire confiance à vos seins qui sont faits pour donner du lait et de faire confiance à votre bébé. Et si vous avez encore quelques difficultés, lisez le bouquin ci-dessus ou demandez-moi, je tâcherais de vous aider.

 

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4 réflexions sur “Mes allaitements et moi

  1. je te comprend mon 1 er e allaitement c passée correctement meme si c est parce que j ai persevérais j etais jeune je n y connaissais rien le personel de la mater encore moins :-/ au bout de 2 semaines de douleurs enfin du bonheur j ai allaitée 10 mois et j ai arrété car il me mordée j ai ressentie un dechirement . pour ma 2 emme allaitement laborieux je e l avais pas assez mise au seins accose des douleurs de tranchée donc j avais a peine assez de lait pour elle j ai allaitée 9 mois avec des jours de gros doutes ……la j ai commmencer mon 3 emme allaitement sa fais 3 semaines je vien de lire ce livre et j ai compris ou sa avez foirée pour les 2 premier et ce 3 emme allaitement a super bien commencée ……..

  2. Ca me fait toujours peine de lire des témoignages de mamans qui ont voulu allaité mais qui ont eu de gros souci et n’ont pas pu continuer longtemps, tout ça par manque de formation du personnel médical, par mauvais conseils.
    Je suis vraiment heureuse d’avoir eu la chance de m’informer sur Internet avant d’avoir ma fille.

    Bravo pour votre persévérance !

  3. J’ai aussi eu beaucoup de mal à allaiter mon premier enfant. Les conseils donnés me paraissaient impossibles à suivre, le bébé pleurait tout le temps (et moi aussi). J’ai tenu 4mois en complétant avec des biberons.
    Quand j’ai eu mon deuxième, tous les biberons étaient prêts mais… Je n’ai eu aucun problème pour allaiter. Tout est venu tout seul.
    Je n’ai pas écouté les conseils des infirmières, seulement ceux d’une amie qui avait toujours allaité. Je ne me suis plus culpabilisée de le mettre tout le temps au sein ni de l’avoir dans les bras presque tout le temps. Et tout a roulé super bien. Le bébé était plus calme, ça a fort aidé.

    Finalement, moi qui pensait que j’avais un problème, j’ai su allaiter mes 3derniers enfants jusqu’à 6, 7 et 11mois.

    Et c’était chouette. 🙂

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