La route est longue

Voilà quelques jours que je tente de ne pas sombrer dans le désespoir. Quelques jours que mes journées sont seulement rythmées par les trajets scolaires, la préparation des repas et l’entretien plutôt sommaire de la maison. Quelques jours que mes cigarettes contiennent un peu plus que du tabac. Quelques jours que l’appétit est parti, et lorsqu’il se fait sentir, mon estomac ne supporte pas grand chose. Quelques nuits que mes rêves sont cauchemars, que mes jambes me font terriblement souffrir.

Voilà, c’est une route que je n’avais pas prévu de prendre et pourtant c’est cette longue route que je dois parcourir à présent et je me dois d’avancer. Je ne peux ni reculer, ni stagner.

Je sais bien qu’il va me falloir beaucoup de temps pour me sentir mieux. De nature très impatiente, les journées me semblent si longues. Je n’arrive pas à penser à autre chose, je n’arrive pas à pardonner à mes parents et à mon frère de nous faire souffrir autant, je ne prends plus de plaisir à tenir ce blog, je me réfugie auprès de mes enfants et même leur énergie n’est pas suffisante pour me réveiller de ma torpeur.

Quand le malheur vient de ta propre famille, c’est contre-nature. C’est une épreuve que je n’imaginais pas traverser un jour.

Alors je fais comme je peux mais je ne m’aime pas comme ça. J’aimais tant ma vie d’avant, et j’aimerais la reprendre dès maintenant. Mais je vois bien que c’est impossible. Mes envies sont quasi nulles, ma peine est immense et ma déception est infinie.

Je suis pourtant si bien soutenue. Mon homme est très présent, je suis très proche de mes soeurs et ma meilleure amie a toujours la bonne parole pour remettre de l’ordre dans mes idées.

Mais c’est si dur.

Il y a tellement de choses qui s’entrechoquent dans cette situation, que c’est un perpétuel combat pour ne pas exploser.

Seul le temps pourra guérir mes blessures, mais en attendant comment faire ?

Je connais la réponse. Il faut… blablabla… Oui mais quand ce « il faut » ne va pas, et que rien ne te donne envie, tu as juste l’impression de perdre un temps précieux et c’est plus que rageant.

Chaque jour j’ai l’impression d’attendre qu’il passe et quand il est passé, je regrette qu’il n’ait été que tristesse.

Putain de merde !!! J’ai juste envie d’hurler « NE VOYEZ-VOUS PAS LE MAL QUE VOUS FAITES ? »

Je suis dégouttée d’être dans cet état.

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23 réflexions sur “La route est longue

  1. C est dur j imagine tu as écrit que ta famille appartient a un groupe bien particulier c est ça ? Je connais un peu et c est vrai que c est compliqué… je ne peux su imaginer ta souffrance;)

  2. je suis loin de pouvoir te dire que je comprends ce que tu ressens, mais à la lecture des tes derniers articles, j’aime à penser que j’imagine…
    l’emprise de ce genre de communauté est difficile à rompre et être de l’autre côté doit être extrêmement compliqué pour tes soeurs et toi…
    que te dire… ne pas perdre espoir, penser à toi, être égoiste pendant quelques temps avant de reprendre la lutte, plus tard, vivre jour après jour et apprécier les petits plaisirs…
    courage…

  3. Je sais par où tu passes car j’y suis passée aussi quand j’avait 13 ans et que ma.mère nous a abandonné mon frère et moi.

    Il y a 24 ans et la cicatrice est toujours là . Plus la blessure. Celle là ça fait longtemps qu’elle a disparu : le jour où j’ai eu mon premier enfant. Où je suis a mon tour devenue maman. Quand ma fille a eu a son tour 13 ans j’ai eu du mal a passer ce cap . Pour moi c’était l’âge où une mère abandonne son enfant. Mais j’ai dépasse ça ! Je suis maman de 5 enfants qui ont nettement rempli le vide que cette femme avait laissé.

    Je ne peux rien te conseiller. Comme toi je pense que les blablablas tu dois faire ci tu dois faire ça ne servent pas a grand chose. Je ne peux que t’encourager. Te certifier que cet état va passer dans + ou – longtemps avec le moyen qui sera le tient mais ce qui est sûr c’est qu’il passera. Tu surmonteras ça. Ce n’ai pas facile. C’est la chair qui te touche. Ta famille. Mais tu t’en releveras. Prends le temps dont tu as besoin. Pleure. N’écoute pas ceux qui te mettront la pression n’écoute que les tiens, ceux qu’ils te restent. Et aime les de tout ton coeur. Tu verras qu’avec l’amour de tes enfants le bonheur te reviendra ! Car ils sont ton avenir ❤

  4. viens ma belle! ma porte t’es ouverte! viens quelques jours, histoire de sortir de ton quotidien! lache tout et viens 3 jours tu verras, tu rentreras différente! fais moi confiance! gros bisous ! viens!

  5. C’est un peu comme un deuil…et ce serait la 4ème étape : la tristesse. En espérant que ce ne soit pas aussi définitif. Pensées pour toi et ta famille dans cette douloureuse épreuve.

  6. Oh non, comme j’imagine et comprend ta douleur pour être passée par là il y a bientôt 10 ans !! Pas pour les mêmes raisons mais pour des souffrances familiales qui perdurent encore aujourd’hui !! Je suis passée par tous les sentiments puis par celui de cette tristesse, de cette détresse !! Malgré un entourage qui tentait désespérément de me faire aller mieux, ça ne fonctionnait pas, le mal était trop profond trop viscéral et du coup, ça me faisait encore plus culpabiliser !! Et je me disais qu’il y avait bien pire que moi … Jusqu’au jour où j’ai décidé de consulter un professionnel (quelqu’un qu’on m’avait conseillé!!) ! Je ne dis pas que c’est miraculeux mais entre ça + les discussions avec mon homme et ma meilleure amie + lecture d’ouvrages etc … j’ai dû me remettre en question, revoir où étaient mes priorités, comprendre que ces périodes noires passées étaient nécessaires à mon réveil, à mon éveil ! Maintenant, c’est derrière moi même si ça fait toujours partie de moi et même si ces problèmes ne sont toujours pas réglés et risquent d’empirer, il y a des jours sans, mais j’arrive à garder le cap !! N’hésite pas à prendre les aides amicales qu’on te propose, n’hésite pas à parler, n’hésite pas à consulter quelqu’un de confiance … Nous, tes lectrices, sommes avec toi !! Je te souhaite beaucoup de courage et de volonté pour affronter ces souffrances !!! Je t’embrasse

  7. coucou Julie,
    Courage…il y a quelques années j’ai fait de la dépression..je n’avais envie de rien, des idées très noires, je ne faisais plus rien. J’ai rencontré une personne extérieure à la famille sur internet ( c’était l’époque des tchat). Après plusieurs échanges où j’ai pu me confier j’ai eu un déclic. J’ai commencé à penser à moi et j’ai réussi à m’en sortir. J’ai vraiment pas facile car j’ai changé de vie du jour au lendemain. Comme toi j’ai un mari qui m’a suivi dans notre aventure. Ne te laisse pas aller ( c’est dur je sais). On pense très fort à toi

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