Le maternage, un retour en arrière ?

J’ai visionné ce week end un reportage made in TF1 sur le maternage. Durant ces trois minutes, le journaliste énonce le concept du maternage, comme si ces pratiques étaient nouvelles et condamnaient les femmes à une forme d’aliénation maternelle. Je me demande donc en quoi le maternage peut-il être qualifié ainsi.

Comment pourrait-on alors définir le maternage ? Ce terme est apparu dans les années 1990 et il consiste selon la définition du Larousse à « l’ensemble des soins prodigués par une mère à son nourrisson. » Au premier abord, cela n’a rien de récent. Il me semble bien que cela est apparu dès qu’une femme a mis au monde un bébé.

Le maternage commence donc par le fait d’allaiter son bébé au sein, c’est-à-dire de lui donner ce que notre corps nous fournit pour nourrir convenablement notre nouveau-né.

Le maternage se poursuit avec le fait de porter son bébé. Lorsque je dis « porter », vous pensez « écharpe de portage »… Bien sûr, les écharpes sont ce qu’il y a de meilleur pour porter son bébé et continuer à vivre sa journée libre de ses deux mains. Mais pas seulement… N’avez-vous pas déjà entendus « Arrête de le porter, tu vas l’habituer aux bras. » Prendre son bébé dans ses bras, c’est instinctif, c’est naturel, sinon il tombe, non ? J’ai à l’esprit la grand-mère de mon homme qui a treize enfants et lorsqu’elle parle de leur tendre jeunesse, elle relate avec une évidence qu’elle avait toujours dans les bras ou sur le sien le dernier-né, tandis qu’elle continuait de s’occuper des ainés.

Le maternage, c’est aussi ne pas laisser son nourrisson pleurer seul dans son berceau. Nul besoin qu’il se fasse les poumons, comme certains le disent. Un bébé pleure car il ne sait pas parler, et ses pleurs ne sont jamais pour rien, surtout durant les premiers mois de sa vie.

Le maternage se prolonge la nuit, avec le fait de ne pas laisser son bébé seul dans sa chambre. Il partage soit la chambre parental, soit le lit parental et on parle alors de cododo.

Tous ces mots effraient la plupart des gens. Ils ont peur de perdre leur liberté personnelle et peur de se retrouver avec un enfant dépendant de sa mère et colérique.

D’où vient ce sentiment ? Je n’ai pas d’étude statistiques en tête, seulement mon expérience et celle des autres mamans que j’ai pu croiser, observer ou lire ici ou là.

Pour ma part, je pense que tout débute avec la libération de la femme dans les années 1960. A l’époque, les femmes étaient déconsidérées, relayées au simple rang d’épouse ou de mère. Leur statut de femme en tant qu’être humain était nul. C’est une bonne chose que nos aïeules aient souhaitées mettre un terme à cette domination masculine. Ceci dit, à force de vouloir être une femme libre, nous en avons oublié que nous sommes aussi mères et que les deux vont de pairs !

Etre femme, en 2013, c’est avoir le droit de travailler, c’est faire de la politique, c’est s’engager dans des combats sociaux, c’est défendre ses idées, c’est refuser d’être dominer par un monde d’hommes. Cela en bien différent des conditions de vie des femmes au début du siècle dernier.

Etre mère maternante, en 2013, c’est choisir l’allaitement, c’est porter son bébé, c’est dormir avec lui, c’est savoir que ses pleurs correspondent à un besoin et non pas à un caprice. Sommes-nous différentes des mères qui nous ont précédées ? Oui, nous sommes différentes des mères qui se sont battues pour la liberté de la femme. Est-ce pour autant une tare ? Je ne crois pas non.

Le maternage est-il un retour en arrière ? Dans un sens, oui. C’est un juste retour à la nature des choses.

Je suis pour la libération de la femme, mais je ne suis pas pour que cette libération soit au détriment de nos enfants. En 2013, on peut être femme et mère. Nous avons cette immense chance de pouvoir nous épanouir tant professionnellement que maternellement.

Le maternage n’est pas un ensemble de pratiques aliénantes et farfelues. Le maternage, c’est être mère tout simplement.

imagesCADOALLK

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17 réflexions sur “Le maternage, un retour en arrière ?

  1. A noter : est ce que la libération des femmes passe par le fait de se débarrasser de ses enfants le plus vite possible ? Ta phrase m’interpelle, sinon très bon article…..

  2. Très bon article!

    Et d’ailleurs « Tous ces mots effraient la plupart des gens. Ils ont peur de perdre leur liberté personnelle et peur de se retrouver avec un enfant dépendant de sa mère et colérique. » Les gens oublient que faire un enfant tout court fait perdre de la liberté et qu’il sera dépendant de longues années, qu’on choisisse chambre à part et biberon quand même!
    L’être humain est bien d’ailleurs le seul à laisser son petit tout seul de si longues heures, ou le laisser pleurer, une mère animal sauf exception ne fera jamais ça, et si elle le fait, on la traite de mauvaise mère^^

  3. bravo ! Je suis complètement d’accord avec vous ! Ma fille je ne l’ai jamais laissé pleurer, je l’ai porté en écharpe jusque très récemment (là 3 ans, 16 kilos, malheureusement je ne peux plus…), et j’en passe, et bien ma fille n’est pas capricieuse, et très indépendante. bien sur calins maman, mais pas du tout « dans mes jupes » comme peuvent prétendre certains. D’ailleurs vous parlez des femmes qui travaillent et tout maintenant, et que certaines pensent (en gros) que maternage et travail ne peuvent pas se concilier. Je ne sais pas pour vous, mais moi la plupart des réflexions « anti maternage » qu’on m’a servi, elles venaient de femmes justement ! Je suis femme au foyer, je ne laisse pas pleurer ma fille, je portais ma fille quasi toute la journée, je la berce toujours pour la sieste, en plus je suis aux couches lavables… bah malheureusement je ne suis pas du tout comprise par bon nombre de femmes de mon entourage. On me dit meme parfois que je suis folle (surtout pour les CL). Et je suis anti fessée ! Ah bah mon dieu, je vais en faire une horreur de ma fille…. je suis dépitée. Bref, bravo pour votre article ! Et chacun est libre de faire comme il l’entend, flute quand meme !
    Bonne journée ! 😉

  4. Non tu as dit que la libération ne doit pas se faire au détriment des enfants, ce qui implique que les enfants ne sont pas inclus dans celle ci 🙂 c’est la libération vue par les années 70 🙂

    • C’est effectivement ce que l’on peut constater. Le rythme du travail ne correspond pas malheureusement avec le rythme d’un nourrisson et lorsqu’une mère veut concilier travail et son rôle de maman, elle rencontre souvent beaucoup de difficulté. C’est en cela que je trouve que la libération de la femme se fait au détriment des enfants car dans notre fonctionnement actuellement, très peu de femmes ont la chance de concilier comme elles le souhaiteraient travail et maternage.

  5. amider je pense justement que Julie dit le contraire, qu’on peut très bien concilier les deux… et que certaines femmes l’oublient et du coup zappe complet le maternage (donc au détriment des enfants…). Ce sont certaines de ces memes femmes qui traitent les mères allaitantes de « vache à lait » (moi je suis pour l’allaitement, mais je respecte aussi les femmes qui ne le souhaite pas, mais en aucun cas je ne me permettrais d’insulter quelqu’un pour son choix, c’est très personnel). Voilà.

  6. rien à voir, pourriez vous enlever mon nom de famille sur les commentaires svp, je n’arrive pas, et je ne savais pas que ca apparaitrait. Merci

  7. je suis tellement d’accord que cela m’a donné envie avec ce rayon de soleil de ressortir l’écharpe de portage pour aller chercher la minette à l’école avec le ti loup qui du haut de ses presque 18 mois m’a fait de bien jolis sourires…..
    merci pour ce moment de bonheur ❤ ❤ ❤

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