Famille nombreuse, famille heureuse… Est-ce vraiment le cas ?

Dans les temps où la contraception n’existait pas, les couples n’avaient qu’un seul moyen pour contrôler les naissances : l’abstinence… Cette méthode n’était pas très au point  quand on sait que les familles nombreuses étaient nombreuses justement ! Il n’était pas curieux de croiser des fratries de cinq, six ou dix enfants.

J’ai en tête le modèle de mes grands-parents qui ont eu beaucoup enfants. Les parents de mon père, né en 1950, en ont eu dix et ceux de ma mère, sept. Après un bref sondage auprès de mes amis, j’ai effectivement constaté que cet exemple était loin d’être singulier.

A cette époque, les enfants n’étaient pas voulu, pas comme on l’entend dans notre vingt-et-unième siècle. Les femmes avaient bien quelques astuces pour tenter de déchouer le sort mais tout ceci était assez fortuit. Ainsi, il n’était pas rare qu’une femme en attente de son retour de couches, s’aperçoive finalement qu’elle attendait un autre bébé.

En conséquence, les parents étaient  beaucoup moins attentifs aux besoins affectifs et psychologiques de leurs enfants. Les bébés, du point de vue médical et souvent culturel, n’étaient pas considérés comme des personnes pouvant éprouver des ressentis ou de la douleur. Ajoutez à cela la fréquence des décès de nourissons et de bambins en bas-âge, et vous aurez des parents à l’apparence très dure.

Dès que les ainés de la fratrie grandissaient, ils devenaient responsables des plus petits. Ils endossaient alors un statut qui n’était pas le leur et ce décalage pouvait amener des conflits d’adulte entre les frères et soeurs. Les chamaillerires étaient loin d’être sans conséquence.

Dans ce cas, quelle valeur avait l’éducation parentale ? De manière très caricaturale, on a tous en tête l’image du père qui corrigeait la progéniture, tandis que la maman s’occupait des tâches de puériculture. Cette caricature n’est tout de même pas très éloignée de la réalité. Le père assumait en effet l’aspect financier et l’autorité du ménage tandis que revenait à la mère la logistique domestique. Tant bien que mal, la maisonnée subsistait et dès que l’enfant était en âge de travailler, il participait aux exigences pécuniaires du foyer.

Il n’est pas rare que l’on entende les anciens dire qu’ils se sont élevés tout seul. Et il est aussi assez fréquent de palper une tension, voire même une cassure, au sein de ces fratries une fois adulte.

De nos jours, deux enfants est le nombre qui correspond à la norme sociétal. Et pas loin de la moitié des couples n’en ont qu’un. A partir de trois, le service public nous considère comme une famille nombreuse et le regard ahuri des gens sur les personnes qui ont quatre enfants ou plus, soit 3.7% des couples, en dit long sur la place de ces familles dans notre société.

Quel changement, n’est-ce pas ? L’apparition de la pilule a mis un terme à ce phénomène. Et je le comprends. D’une part, parce que physiquement, il devait être très dur pour une femme d’enchainer les grossesses et les allaitements. D’autre part, parce que l’entretien d’une fratrie de nombreux enfants devait être une énorme dépense et leur éducation une mission impossible. Comment est-il possible d’accorder une place équivalente à une dizaine de marmots, de leur donner du temps, une écoute et le réconfort dont ils ont chacun besoin ?

Pour autant, les méthodes éducatives ont-elles changées ? Il faut tout d’abord prendre en compte la notion de volonté. Il semblerait que les parents qui désirent fonder de grandes fratries fassent ce choix en connnaissance de cause, sans éliminer totalement les problèmes contraceptifs qui parfois ne jouent pas leur rôle convenablement. Ils ne subissent donc pas ces naissances et s’y préparent au mieux.

En outre, il est surement plus difficile pour une maman ou un papa de répondre aux exigences de cinq enfants, plutôt que deux. L’un des parents préfèrera certainement rester au foyer, au moins durant les tendres années de leur  descendance, et accompagner alors l’évolution de chacun. Il est évident que les conflits et les soucis entre les enfants sont multipliés mais l’investissement des parents permet de calmer les esprits et de rétablir l’équilibre. Il va de soi qu’il faut absolument que le couple parental remplisse pleinement son rôle auprès de chaque enfant pour éviter les dérives.

La question des finances peut poser problème, surtout en ce moment. Avoir plusieurs enfants signifie autant de bouches à nourrir, de vêtements à acheter, de cadeaux à offrir, d’études à payer et tant d’autres choses encore. Tout en gardant à l’esprit que le principe d’égalité est essentiel dans une fratrie si l’on ne veut pas créer de jalousie entre ses membres.

Et qu’en est-il de l’entente entre les frères et soeurs ? Est-ce l’harmonie, ou au contraire une rivalité constante qui règne entre eux ? Peut-être un peu des deux, comme dans chaque famille. Encore une fois, je pense que tout dépend des parents et surtout de la manière dont ils traitent tout un chacun. S’ils montrent un exemple de partage, d’amour et de justesse, il y a de fortes chances que, par mimétisme, les enfants agissent de même.

Pour finir, je voulais aussi parler des familles nombreuses recomposées. C’est assez courant de voir des fratries nombreuses, composées de compagnons de sang et de coeur. Ces familles qui ont vu le jour durant les dernières décennies, sont un exemple de tolérance et d’amour. Cependant, il est parfois très dur pour le nouveau couple de trouver la bonne synchronisation entre leur tribu respective.

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Un sujet proposé par Marie et Vanessa.

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14 réflexions sur “Famille nombreuse, famille heureuse… Est-ce vraiment le cas ?

  1. J’ai une amie qui est l’aînée d’une famille de 7 enfants, et ça se passe vraiment bien entre eux, on voit vraiment que c’est une famille soudée…

  2. Je suis mère de 4 enfants, j’espère bien en avoir un 5ème.
    Je travaille, mon conjoint aussi et je n’ai absolument pas l’intention de m’arrêter.
    Je ne fais pas de l’élevage… je suis organisée et oui, j’arrive à être attentive à chacun de mes enfants. J’arrive même à ménager du temps pour chacun d’eux en solo.
    (et même, j’arrive à avoir du temps pour moi… je fais du sport, je sors avec mes copines…)

    La grande différence est je pense que notamment les enfants sont débrouillards dans les fratries (tous débarrassent la table, par exemple… même la petite de 20 mois donne un coup de main à sa mesure). Et j’ose penser que c’est une chance dans la vie.

    Je ne pense pas être une mère parfaite, mais je ne pense pas que j’élève mal mes enfants.
    Effectivement, cette grande fratrie a été un choix, fait raisonnablement en fonction de notre mode de vie et de nos capacités financières (parce que, l’idée des enfants qui rapportent pour les alloc… euh, comment dire… ça coute bien plus que ça ne rapporte)

    Enfin, je crois qu’effectivement, dès qu’on sort des normes, on s’expose à toutes les réflexions… pas toujours agréables.
    J’aime mes enfants, chacun pour ce qu’il est.
    Alors, j’en suis sûre, on en bave parfois… mais nous sommes une famille heureuse (j’ose le dire ! 🙂 ) ! En tous cas, on se marre bien !!!

    • Merci pour votre commentaire. Voici un bel exemple d’une maman moderne de famille nombreuse 😉 Et si ce n’est pas indiscret, vous travaillez à plein temps ou mi-temps ? Ca doit être une grosse organisation mais c’est top ! Je rêverais d’avoir une famille nombreuse. Un jour, peut-être, inchallah !

      • Si je cumule tout (et j’avais calculé lors de mon précédent congé mat.), j’en étais à plus de 45 heures/semaine… (et ça ne compte pas les blogs…), mais j’ai aussi envie de freiner (un peu…), histoire de gagner en sérénité. (je ne suis pas un exemple à suivre, je suis accro au travail et j’ai un boulot qui me permet en partie de travailler à la maison, ça aide ! Je peux par exemple être dispo entre 16h30 et 20H00 quasi tous les soirs. mais je travaille ensuite à nouveau entre 20h30 et 23h00)
        Mais, et ce que je n’ai pas précisé, c’est que ça ne fonctionne que parce que mon conjoint est vraiment impliqué dans la vie quotidienne. Comme je travaille plus que lui, il gère plus les enfants et la maison… Logique !

        Je te souhaite une belle et grande famille… et oui, c’est possible d’avoir plein de marmots et d’avoir une vie de femme et pas seulement de maman !

  3. 3 ème d’une famille se 7 enfants…j’adore et veut moi aussi plusieurs enfants… jen veut 4 ou 5…déjà 2 bébé :). Éducation non violente et allaitement long et un peu de maternage….très différent de mes parents

  4. Le regard de la societe actuelle très individualiste sur les familles nombreuses est terrible et peu flatteur et ça a partir de trois enfants….chomage destructuction de la planete avoir ‘trop, d enfant s est mal vu les réflexions fusent bien plus que pour ceux qui choisisse l enfant unique…lorsque j ai dit que on voulait avoir trois enfant s pas sept on m a sorti on est pas en Afrique ici…tu vas vivre des allocs? Heu les allocs ça donne pas de quoi vivre….les famille s dites nombreuses sont j en suis sur stigmati se s maintenant c est comme tout moi je pense su on peut être très heureux dans une famille nombreuse en fonction plus de son éducation de ses parents des liens qui unissent

  5. bonjour
    tout comme 4enfants 2 bras nous avons 4 enfants nous sommes une famille nombreuse recomposee ou les debuts n ont pas étés simple mais ou maintenant chacun a trouvé sa place .Et si le passage de 2 a 3 a été volontaire le petit 4 eme s est invité tout seul et malgré l angoisse de ne pas y arriver il a aujourd hui 3 ans et j ai tres envie d un petit dernier mais il est vrai que le regard des autres est tellement critique …partout ou l on passe on a droit a des ooo 4 mais comment faites vous, et des ooo ben vous avez du courage et des comment vous faites… et j en passe que du coup on hesite, on se demande si c est vraiment raisonnable meme pour eux vu le monde dans lequel on vit…du coup on remet a plus tard et comme il faut songer de nouveau au travail (fin de congé parental oblige ) on s apprete a devenir famille d acceuil alors bon il ne sera pas a nous mais il y aura quand meme un cinquieme loulou a la maison 😉 en tout cas ca fait du bien de voir qu on est pas tout seul et j aime beaucoup vous lire 🙂

    • A chaque fois qu’on me dit que je suis courageuse, avec mes 4 marmots, je me marre. Parce que je ne n’ai vraiment pas l’impression d’être courageuse.
      Les pompiers sont courageux, les sauveteurs en mer sont courageux, les bénévoles qui travaillent avec des gens dans une extrême difficulté sont courageux…
      Mais moi… bof !
      (en revanche, je suis endurante, ça c’est sûr 😉 !)

  6. Bonjour,je suis Maman de 9 schtroumpfs( de 20 ans à 1 an ),j’aime bien ton sujet,la différence entre avant(les grossesses subies et maintenant désirées ),mais il est dommage que tu n’aies pas parler de la joie d’etre nombreux.Du regard malhonnete de toutes ces émissions télé qui nous rabaissent.Mais sinon,c’est sympa,et bravo aussi pour tous tes autres articles! Merci de cette page rose de la journée!
    Meilleurs voeux! 🙂

    • Bonjour, tu as raison. Je vais rajouter un paragraphe sur ce bonheur d’être nombreux et ensemble. J’y avais pensé dès le début mais j’avais peur de faire du parti-pris. Après tout qu’importe, c’est vrai que c’est une réalité ce bonheur, alors je vais en parler 😉
      Meilleurs voeux à toi aussi et à ta tribu 🙂

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