Le jour où mon fils cadet me rend son repas de midi…

à dix minutes du départ pour le spectacle de Noël… Me voilà, serpillière à la main, pour faire disparaitre les traces du crime.

Je sortais de la douche, je venais de finir de m’habiller. J’étais sur le point de faire un raccord maquillage. Soudain une quinte de toux plus forte que les précédentes me fait pénétrer dans la chambre de mon fils que je trouve en mauvaise posture. Je le lève et au moment où l’on s’apprête à sortir de la dite-chambre, le rejet est immédiat et il se répand entièrement dans l’entrebâillement de la porte. Il est trop tard pour les toilettes, le maquillage et la rencontre avec mon copain le Père-Noël !

A cet instant, le papa arrive. La sortie familiale prend la tournure d’une après-midi père/fils. Il va emmener le grand assister au spectacle et je choisis de rester auprès du petit. La question était « Est-il à ce point malade pour que nous le privions de ce bain de foule à caractère divertissant? »

A vrai dire, nous n’en étions pas convaincus. Dans esprit de civisme, on a préféré s’abstenir. Il serait mal-venu que durant la fête, mon fils fasse partager à la populace les restes de son repas. Et surtout qu’emmener mon enfant suceptible d’être malade dans une salle municipale bondé de gamins surexcités ne me plait guère.

Je me retrouve donc en tête-à-tête avec mon loustic qui a chargé son grand frère de lui ramener son cadeau. Il a investi leur mini canapé, couvert d’une petite couverture blanche. Sa sieste a été écourtée, je le laisse se remettre de ses émotions devant un dessin animé qu’il aime.

Il a repris son joli teint halé et sa bouille est à croquer… Il va mieux. J’ai envie de lui manger ses petites joues toutes rondes. Vous savez cette arrondi dodu du visage qu’ont les bébés et qui nous donne si souvent envie de les grignoter ! Mon bébé aura trois ans en mars. C’est lorsqu’ils atteignent leur trois ans que nos bébés deviennent de petits enfants. A cet âge, l’acquisition de la propreté est quasiment faite, le langage est correct et le sevrage naturel d’un bébé nourri au sein de sa mère se produit souvent vers cette anné-là.

Il va avoir trois ans… Où sont-ils passés ? Je l’ai gardé avec moi depuis sa naissance. Contrairement à son frère, qui avait été gardé par sa mamie, quand il a eu neuf mois, à la reprise de mon travail. Je garde un souvenir de frustation des moments où je déposais mon fils chez ma mère avant de le quitter pour plusieurs heures. Ce sentiment-là, je ne l’ai jamais connu avec mon deuxième garçon et ça ne m’a pas manqué.

Je suis très proche de mes fils, et encore plus du cadet. Quand il est né, il était dans mon esprit mon petit dernier. J’ai été très proche de lui physiquement, puisque peu après sa naissance, on a fait du cododo. C’est une chose que je n’avais pas voulu faire avec son frère. J’étais pleine d’idées préconçues que j’avais entendues ici ou là. Je n’ai pas été suffisamment à l’écoute de ma nature, ni de celle de mon premier-né. J’ai appris le lâcher prise avec la naissance de mon second bébé. Mon expérience avec son frère m’avait montré mes limites, mes failles et les fautes à rectifier.

Le lâcher prise, c’est facile, sur le papier seulement… Dans la vie, c’est autrement plus compliqué ! Il m’aura fallu plusieurs années, des expériences décevantes et la prise de conscience que l’on ne peut pas tout maitriser. C’est là où le lâcher prise prend tout son sens. Pour moi, il a été libérateur. J’ai accepté que je n’étais qu’une jeune femme qui se découvrait chaque jour devant les difficultés de la vie. Mon lâcher prise a été de prendre du plaisir dans mon nouveau rôle, de ne plus être trop exigeante avec moi-même et avec les autres et de relativiser. J’aimais que les choses soit faites comme je l’avais décidé et de la manière dont je le concevais. Quelle connerie ! Pour ne pas finir psychorigide, le terme est déjà monstrueux, j’ai laissé l’imprévu entrer dans ma vie et j’y ai pris plaisir.

comment-lacher-prise

Avec mes enfants, ma plus belle réussite a été le lâcher prise. Je ne suis ni laxiste, ni permissive, ni négligente. A la maison ou à l’extérieur, en privé comme en public, il y a des règles de vie à suivre. Je souhaite que mes fils respectent ces exigences. Pourtant, je ne les brime pas. La seule chose sur laquelle je ne lâcherai pas, c’est leur sécurité. Si une action me parait dangeureuse, je leur interdis et c’est sans appel. Pour le reste, je m’adapte. Parfois, je reviens sur ma décision immédiatement, parce qu’instinctivement, je comprends les besoins des mes petits, leurs caractères, leur ressenti et je reconnais facilement quand une situation ne leur convient guère. Alors on trouve un terrain d’entente, pour que la maman tout autant que l’enfant se sente parfaitement bien. Quelquefois, c’est un peu plus long, voire un peu plus dur, je me trompe encore. Et je sais bien que ce n’est pas la dernière !

Ma seule ambition pour mes enfants est de leur faire connaitre le bonheur d’être écoutés, compris, acceptés et valorisés. Je m’y engage tant bien que mal. Avec plus de bien que de mal à présent. Le lâcher prise est une belle philosophie de vie et il me semble que c’est celle qui correspond le mieux à l’éducation des enfants.

Publicités

Une réflexion sur “Le jour où mon fils cadet me rend son repas de midi…

  1. Hello, Neat post. There is a problem along with your site in web explorer, would check thisˇK IE nonetheless is the marketplace chief and a huge element of other folks will miss your fantastic writing due to this problem.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s