Mère au bord de la crise de nerf

J’aime mon statut de mère au foyer. Je l’ai choisi, souhaité, assumé et néanmoins détesté.

Quelle maman ne s’est pas sentie un jour au bord de la crise de nerf ?

J’ai choisi d’avoir des enfants d’âge rapproché. L’ainé avait deux ans quand le cadet est né. C’est merveilleux d’avoir en même temps un bébé et son frère de quelques mois plus âgé.

J’ai donné tant d’amour et j’en ai reçu encore bien plus. Je me suis émerveillée de voir s’instaurer ce sentiment fraternel. J’ai beaucoup échangé et offert tellement. Tant et si bien qu’un jour je me suis retrouvée sans énergie.

J’étais présente le jour comme la nuit. Je langeais l’un puis l’autre. Je nourrissais les deux, j’assistais le petit et apprenais au grand à gagner en autonomie. Je n’étais plus qu’une maman. La femme en moi n’avait plus le temps de se doucher, plus l’envie de s’alimenter, plus la force de sortir de chez elle. J’étais en éveil de manière constante. Je tentais de décrypter les pleurs de mon bébé tandis que je veillais sur l’ainé qui était infatigable.

J’ai craqué de nombreuses fois. J’ai fait des reproches à mon mari. J’ai appelé ma mère au secours. Je sollicitais ma sœur, mon amie. J’ai perdu dix kilos.

J’étais très fatiguée. Non seulement mon bébé ne faisait pas ses nuits mais son grand frère non plus. Les deux se réveillaient plusieurs fois durant la nuit. Et la journée, je n’avais pas le loisir de m’accorder le repos si nécessaire !

burn out

La première année de vie commune à quatre a été, je crois, la plus éprouvante de ma vie. Je me sentais détestable. Je criais pour un rien et pleurais souvent. J’ai eu des idées morbides, des envies de partir.

Des problèmes extérieurs sont venus s’ajouter aux soucis déjà existants. Il m’a fallu alors combattre tant de gens, d’idées malveillantes et de langues de vipère, à un moment où l’équilibre de ma petite famille était déjà si fragile. La bêtise humaine peut faire tant de dégâts… De toutes ces difficultés, je ne retiens que le fait que ces personnes auraient pu fermer leur bouche ! Le mal a été fait et j’essaie d’oublier mais il y aura toujours au fond de mon cœur ce sentiment de gâchis et d’injustice vis-à-vis de ma famille. Ainsi soit-il !

Petit à petit, les enfants ont grandi. Mon mari s’est investi de plus en plus dans mon quotidien. J’ai réussi avec l’aide de mon médecin homéopathe qui avait suivi mes deux grossesses à m’apaiser, à trouver la femme perdue en moi. Ma famille m’a beaucoup épaulée et ma meilleure amie a toujours répondu présente.

Et l’écriture m’a sauvée. J’ai créé la Chronique d’une mère au foyer et j’ai rencontré des personnes formidables qui m’ont comprise , qui vivaient les mêmes angoisses, les mêmes joies que moi. Merci à vous ♥

Oui, je ne suis pas une mère parfaite et cela m’importe guère. Je travaille jour après jour sur mes défauts, mes doutes. Je faute beaucoup et je n’ai pas toujours le moral mais c’est notre lot à tous.

J’aime ma famille, c’est la chose la plus précieuse que la vie m’ait offerte et je la protège jalousement !

Mon mari n’est pas un prince charmant mais il est mon prince. Il est beau, gentil, amoureux, proche de ses fils.

Mes enfants ne sont pas des anges. Ils sont fatigants et énervants certaines fois mais ils sont en bonne santé et ils découvrent la vie. N’est-ce pas cela le plus important ?

Quant à moi, je suis une mère au foyer parfois au bord de la crise de nerf, parfois heureuse à en pleurer, parfois désespérée mais toujours reconnaissante d’avoir eu le bonheur de fonder ma famille et de jouir de la vie avec elle ♥ Merci mon Dieu !

Mère épuisée, burn-out maternelle, mère désespérée, peu importe l’appellation, c’est un sentiment naturel et légitime. Nous ne sommes pas parfaites, l’important c’est de l’accepter et de ne pas rester seule dans son désarroi. Combien d’entre vous ont connu cette situation ?

S’il y a bien quelque chose que notre société moderne nous offre, c’est la chance de ne pas rester enfermées dans notre chagrin. Si vous vous sentez au bord de la crise de nerf, parlez-en à votre conjoint, à votre famille, à votre médecin, sur internet. Ne croyez pas que vous êtes méchantes, vous êtes simplement humaines. Cherchez de l’aide et du soutient. Ne restez surtout pas seules !

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5 réflexions sur “Mère au bord de la crise de nerf

  1. Merci c est tout à fait mon ressenti la société nous oblige à taire notre mal être quant on est maman la maternité est survalorisee et personne n a de la compassion pourles mères surtout au foyer…ce qu m aide c est internet mais surtout les espaces parents enfants même épuisée il faut sortir de chez soi c est essentiel:)

  2. On ne peut que se reconnaitre !! J’ai été mère au foyer, et je travaille maintenant à mi-temps pour avoir du temps pour eux !! Je suis une fervente adepte de vos articles !! Merci !!! J’ai partagé l’article sur mon FB !

  3. Très bel article.

    C’est amusant, je retrouve ce que ma copine Naomie m’explique souvent: entre satisfaction d’un choix et cap à garder.

    Si tu veux parler de ton travail de maman à plein temps, nous serions ravie de t’accueillir parmi les mamans bloggeuses invitées sur le site… Sois la bienvenue sur WonderWorkMum. 🙂

    A vite !

    Melissa

  4. il m’arrive de faire des crises de nerfs et de me sentir perdue et en tapotant mon mal etre sur internet je suis tombée sur votre article. Comme je vous comprends….Comme c’est à la fois difficile et merveilleux d’etre mère. Votre article date un peu alors qu’en est il 1 an et demi plus tard ?

  5. Votre article résume très bien ma vie actuelle, maman d’un petit garçon de 3 ans et d’une petite fille de 11 mois je passe mes journées entre lessive, vaisselle, couches, biberon, ménage, cris, pleurs, rires , fous rires, et j’en passe je suis épuisée moralement; mon mari m’aide du mieux qu’il peut en m’aidant notamment le week end mais il travaille de nuit et ce n’est pas un rythme très facile, c’est dur d’attendre le samedi avec impatience et de passé des semaines infernales courir dès 8h pour emmener le grand à l’école faire le ménage, à manger jouer un peu avec la petite il est déjà temps de retourner à l »‘école chercher le grand et rebelotte l’aprés midi, sans compter que maintenant la petite grandis et les disputes pour les jouets commence , je passe toutes mes journées à la maison je ne sors que pour aller chercher mon fils a l’école ou acheter du pain, je ne sors que le week end avec mon mari car je ne conduis pas . j’ai pourtant toute ma famille prés de chez moi mais chacun mène sa petite vie et je suis finalement seule.bref petit résumé de ma vie de maman que j’aime plus que tout mais qui dans un sens m’épuise et me met à bout de nerfs.
    Bon courage à toutes les mamans qui sont à temps plein à la maison c’est le métier le plus dur du monde mais le plus beau aussi. (au moins on ne côtoie pas les collègues hypocrite du bureau lol )

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