Poudreuse

Un dimanche matin de décembre. Au réveil, mon fils ainé ouvre les volets électriques de la chambre parentale. Je l’entends s’exclamer avec sa gaiété d’enfant : « Waouuuuh il neige ! »

J’émerge, j’ouvre les yeux… Je suis partagée entre la joie et le mécontentement. Je suis heureuse pour mes gosses. Ils vont savourer le bonheur de jouer dans la neige et je suis également désespérée car je n’aime pas la neige sur les routes. Ca glisse, c’est dangereux et le chemin de l’école est une route étroite et pentue. Tant pis, je ferai avec. Ai-je vraiment le choix ?

Pour le moment, l’heure est à l’amusement. Le petit-déjeuner est préparé dans l’excitation. L’ainé veut faire un bonhomme de neige, de la luge, son frère aussi ! Tout y passe, l’étoile de neige : un remake de l’étoile de mer en plus glacée, le léchage de neige, sans oublier la sacro-sainte bataille de boule de neige. Quel délice de les voir trépigner devant leur bol de lait qu’ils avalent, exceptionnellement, à une vitesse grand V. Plaisir d’enfant quand tu nous tiens !

Vient ensuite l’habillage : Une couche, deux couches, trois couches. Une paire de chaussettes, deux paires de chaussettes. Un pantalon, une salopette de ski. Des bottes, des gants, des écharpes, des bonnets et deux vestes bien chaude ! Mes bonhommes emmitouflés sont prêts.

C’est parti. La porte d’entrée s’ouvre. Le graal est à portée de main !

« Maman, écoute, ça fait Prout, Prout, Prout quand je marche ! » Eclats de rire du cadet. Je vois mon grand partir en courant et se laisser tomber sur le dos. Allongé et jambes écartées, il est mon étoile des neiges. Et vlan, son petit frère se jette de tout son poids sur lui.

C’est le moment de fabriquer ce gros bonhomme tout blanc. Mais la neige refuse de s’exécuter, trop poudreuse.

Qu’à cela ne tienne, une partie de luge nous attend ! Il y a chez nous, une petite pente que mes enfants ont baptisé « la colline du frisson ». L’été, ils dévalent la piste à vive allure, perchés sur leurs engins à roulette. Ils me regardent, les yeux brillants d’envie et me disent « On va à la colline du frisson ? » Ma réponse affirmative déclenche une horde de cris de joie. La première descente comble leur ivresse de vitesse. Ils finissent sous le buisson, en bout de piste. Ils sont recouverts de neige et n’osent plus bouger… Je ne peux m’empêcher de rire aux éclats en les voyant ainsi. Puis, une deuxième descente, une troisième, une dixième… Maman s’ennuie et se gèle les miches. Je détourne le jeu à mon avantage. Je façonne deux boules de neige, je vise, dans le mile… je m’enfouis en criant « Touché ».

Ni une, ni deux, adieu la luge et bonjour la bataille… La guerre est déclarée ! Le petit essaie de m’attraper… Il n’a pas encore compris le but du jeu ! L’ainé, quant à lui, vise plutôt bien à présent. Et lorsqu’une boule m’atteint en plein coeur et que je simule une douleur, mon ange de deux et demie me fait tendrement un bisous. Mon Dieu, comme je l’aime !

Je mets fin aux hostilités. L’heure du repas a sonné. Il est temps de ravitailler les troupes et de les sécher !

A la prochaine !

neige 003

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2 réflexions sur “Poudreuse

  1. Pingback: Les joies de la poudreuse, deuxième volet | Chronique d'une mère au foyer

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