Tant bien que mal

Parce que la vie d’une mère au foyer n’est pas un long fleuve tranquille…

En plus d’être présente sept jours sur sept à la maison, de voir mes heures de sommeil réduites à une peau de chagrin, d’être bonne cuisinière, préposée au ménage, comptable, guérisseuse des petits bobos du corps et de l’âme, j’ai dû gérer une nouvelle tâche…

J’ai passé de longs jours loin de ma chronique… le cœur lourd et l’esprit contrarié.

Il y a quinze jours, ma maison a été inondée, au milieu de la nuit. Il était exactement 23h45, le mercredi 31 août, quand mon mari et moi avons constaté que l’orage qui sévissait à l’extérieur, s’était invité chez nous en pénétrant par le mur de la salle de bain et s’écoulait à grands flots par la trappe située sous la baignoire. Une étendue d’eau boueuse brillait dans le rez-de-chaussée.

En urgence, mon mari se mit à sauver le matériel audio-visuel. Quant à moi, horrifiée par ce spectacle apocalyptique, je ramassais les jouets de mes enfants qui flottaient au milieu du salon. Le chagrin m’envahissait mais les larmes ne coulaient pas. Je me souvenais à quelles occasions tel jouet était entré dans la vie de mes enfants et combien ils l’aimaient ! Le déluge pouvait bien emporter console, canapé ou table basse, mon attention restait désespérément portée sur le massacre de ces jeux.

Enfin l’orage cessa, l’eau se stabilisa. Minuit sonnait ses douze coups. Anéantie, j’appelais les pompiers, eux-mêmes submergés par ces pluies diluviennes, et ma mère, unique réconfort dont j’avais besoin. Après ces bonnes paroles, mon mari s’arma de courage et raclette à la main, s’employa, des heures durant, à vider les dix centimètres d’eau qui stagnait dans les cinquante mètres carrés du rez-de-chaussée. Pour ma part, je constatais les dégâts et évacuais les objets gorgés d’eau et de saleté.

Ironie du sort, cette inondation fût la goutte d’eau qui fit déborder le vase de ma vie… Un récipient déjà rempli de différents conjugaux, de conflits familiaux, de soucis d’argent, de désaccords divers et variés, d’un sentiment d’abandon et d’une réflexion constante sur « comment faire autrement ? » J’ai plongé au fond de cet abysse.

Les cinq jours qui ont suivi, ont été consacrés au nettoyage de la maison, à la constatation des biens qui avaient péri noyés, à une bataille avec l’assurance qui avait commis une faute en ma défaveur au moment de la signature du contrat et encore au ménage des meubles endommagés…

Durant les dix jours suivants, je me suis noyée. Ma détermination a laissé place à un vague à l’âme qui m’a envahi insidieusement. J’étais à terre. Je n’avais plus d’envie, plus d’énergie, ni aucune motivation. Un rien m’affaiblissait. Mes enfants ne m’apportaient plus la joie de vivre, pire encore ils m’exaspéraient. Mon mari voulait mener la barque mais je réduisais à néant chacune des ses actions. Mon amie et confidente m’écoutait déverser ma souffrance et tentait de m’aider à découvrir par moi-même mon désespoir. Et puis, un soir, ma mère posa un mot sur mon état. Dépression… Elle me conseilla de consulter un médecin et de prendre un traitement pour soulager mes maux. Cette conversation eut l’effet d’un électrochoc.

Oui, je suis désespérée. Oui, je suis affligée. Oui, j’ai en horreur cette maison et mon propriétaire trop laxiste à mon goût. Oui, j’en veux à mon mari de ne m’avoir pas écoutée tout au long de cette dernière année durant laquelle je me suis débattue pour retrouver une harmonie de couple… Oui, ce soir-là, j’ai pris conscience de mon état dépressif et j’ai réalisé que j’étais la seule à pouvoir me sauver.

A cet instant, je me suis réfugiée dans les bras de mon fils aîné qui, du haut de ses trois et demi, avait bien saisi la détresse qui m’assaillait. J’ai échangé quelque mot avec lui. Son regard amoureux et pur m’a apaisée. Un instant magique partagé avec son petit frère que j’étouffais de bisous.

A présent, je m’apaise tant bien que mal. J’ai refuse tout traitement médicamenteux. Je me fais confiance. J’ai le soutien de ma famille qui m’aime sincèrement, de mon amie qui m’apporte tant de choses. Je me concentre sur ce qui a vraiment de la valeur : mon envie d’écrire, ma chronique, la vie et un avenir meilleur. Mon équilibre est encore précaire mais ma volonté pèse lourd dans la balance.

 

Personne n’est à l’abri d’une chute, l’important est de savoir se relever !

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